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Le Théâtre de la foire à Paris

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1. Théâtres 2. Scénographie 3. Administration 4. Relations sociales 5. Troupes 6. Relations artistiques 7. Pièces 8. Biographies 9. Iconographie 10. Glossaire 11. Bibliographie 12. Chronologie 13. Divers



[ Image: Page de titre originale ]

LE

RAVISSEMENT

D'HELENE,

LE SIEGE,

ET L'EMBRASEMENT

DE TROYE

Grande Piece, qui sera representée avec
tous ses agrémens, aux Jeux des Victoires
du Sieur ALEXANDRE BERTRAND,
dans le Préau de la Foire Saint Germain.

A PARIS,

Chez ANTOINE CHRE'TIEN,
Imprimeur - Juré - Libraire de
L'Université, Pont S. Michel.

M. DCCV.
AVEC PERMI[SSION]


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ACTEURS.

GRECS.
MENELAUS, mary d'Helene.
ACHILLE.
ULISSE.
PIRRHUS.
PATROCLE.
SINON.
HELENE, & sa suite.
SOLDATS.
TROYENS.
PARIS.
TROILUS.
HECTOR.
ANCHISE.
ENE'E.
ASCANIUS.
ANDROMAQUE.
LE GOUVERNEUR.
SENTINELLE.
FRANCOEUR.
MADAME DE LA RAME'E, Vivandiere.
SOLDATS.
DEESSES
[JUNO]N
[PALLA]S

La Scène est à Troye.


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LE RAVISSEMENT
D'HELENE,
LE SIEGE ET L'EMBRASEMENT
DE TROYE,

INTERMEDE.
SCENE PREMIERE.

FRANCOEUR, seul.

PAR ma foy, n'en déplaise à Monsieur Pâris, je suis harassé comme un Diable. Naturellement parlant, je n'aime point l'eau salée, non plus que la vision de Mesdemoiselles les Baleines. Quelles secousses [mor]bieu ! ce n'est pas que je craigne ; car je suis brave homme moy : mais la compagnie de ces gens - là est une fort mauvaise compagnie. Mon Maître vient d'e[nlever]


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Helene, le plus joli tendron de la Grece. Voila une belle maniere de payer un Hôte, que d'emmener sa femme ! Ménélaüs tu ne songes pas qu'on paye d'ingratitude tes courtoisies ; tu aurois bien mieux fait de rester chez toy : quoy-qu'il en soit, je me retrouve dans mon Païs natal.… Je boirois bien un petit coup ; voicy fort à propos un Cabaret, où l'on me fera credit sur ma bonne mine, frapons, tap, tap.

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SCENE II.
MADAME DE LA RAME'E,
FRANCOEUR.

M. DE LA RAME'E, dans le Cabaret.

Qui va là ?
FRANCOEUR.
C'est moy.
M. DE LA RAME'E.
Que demandez-vous ?
FRANCOEUR.
Du vin, du vin, de par tous les Diables, du vin.
M. DE LA RAME'E.
Sçavez-vous bien qu'il est tard ?
FRANCOEUR.
Je ne diray pas bien l'heure qu'il est : mais [c'est] l'heure que j'ay soif. Ouvrés, ma [bonne(?)] enfant, ouvrés, ma mignonne, à un


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homme de qualité.
M. DE LA RAME'E.
A gens comme vous, Monsieur, on ne refuse jamais la porte ; attendés que j'aye pris ma jupe. Il faut partout de la bienséance.
FRANCOEUR.
Voilà ce qu'on apelle avoir une grande pudeur. Allons, Madame, ouvrés, la soif m'étrangle.
M. DE LA RAME'E.
J'allume la chandelle.
FRANCOEUR.
Je boiray bien à tatons.
M. DE LA RAME'E.
Nous sommes mieux aprise que cela, nous sçavons vivre, Monsieur, nous sçavons vivre.

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SCENE III.
FRANCOEUR, MAD. DE LA RAME'E.

M. DE LA RAME'E, hors du Cabaret.

Ah ! C' est toy, mon cher Francoeur, je n'ay pas reconnu ta voix.
FRANCOEUR.
C'est que je suis enrhumé.
M. DE LA RAME'E.
D'où diable viens-tu depuis le temps que tu és parti ?


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FRANCOEUR.
Je viens de la Grece ; ma foy ce sont de droles de gens que ces Grecs, ils donnent la Brebis à garder au Loup.
M. DE LA RAME'E.
Que veux-tu dire ?
FRANCOEUR.
Je veux dire que Monsieur Pâris mon Maître, par le conseil de Madame Venus, à qui sur le Mont Ida il ajugea la Pomme d'or, je veux dire, qu'est-ce que je veux dire ? je veux dire qu'il a fait une longue promenade chez les Grecs, il a été reçû de Ménélaüs …. Dame c'est là qu'on se bourre bien le ventre, je ne me suis jamais trouvé si rondin. Pâris a donc été reçû de Ménélaüs à bouche que veux-tu. Ce bon Prince ( l'Epoux d'Helene s'entend ) ayant affaire je ne sçais où ; laisse sa femme entre les mains de son Maistre. Que fait Pâris pendant son absence ? Il fait si beau & si bien, qu'il enleve Madame Helene. Ils sont à deux portées de mousquet, j'ay pris les devants dans une chaloupe …. Va ma pauvre enfant, va me tirer du vin. N'aurois-tu pas par hazard quelque gorge de cochon ? car je n'aime point à grenoüiller.
M. DE LA RAME'E.
Entre, j'ay ton affaire.
FRANCOEUR.
Par ma foy Messieurs les Grecs ne sont


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guéres Grecs, s'ils ne se vangent d'un tel affront.
M. DE LA RAME'E.
Tu ne devrois pas parler contre ton Maître.
FRANCOEUR.
Ce que je dis n'est qu'une bagatelle : mais tu verras, ou je ne suis qu'une beste, que cet enlevement nous coûtera cher.
M. DE LA RAME'E.
Ce n'est pas à nous à mettre le nez dans ces sortes d'affaires. Entre, bois, mange, & te tais, c'est tout ce que je veux.
FRANCOEUR.
Si tu ne veux que mon silence, je suis bien ; car l'argent & moy sommes broüillez ensemble.
M. DE LA RAME'E.
Je ne te prendray pas à la gorge.
FRANCOEUR.
Il est temps d'y prendre le cochon, entrons.

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ACTE I.


SCENE I.
Le Theatre represente la Ville de Troye.
PARIS, HELENE, & leur suite.
PARIS.
ENfin je joüis du plus grand bonheur du Monde. Quelle reconnoissance ne dois-


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je point à la Reine de Cythere! C'est elle qui m'a fait entreprendre un heureux voyage. C'est elle qui me rend le plus fortuné des hommes, par l'enlevement d'une Princesse qui la surpasse en beauté. Unique objet de ma flâme, adorable Helene, vous êtes devant les portes de Troye, où les Peuples vont vous rendre leurs hommages, comme à l'Epouse du Fils de Priam. Puisque Venus a destiné nos coeurs l'un pour l'autre, nous goûterons desormais à loisir les douceurs de l'amour.
HELENE.
Seigneur, je suis charmée que la Déesse ait uni nos coeurs par d'amoureux liens : Mais oserois-je vous dire que mon ame est agitée de plusieurs passions à la fois, quand je pense que je quitte ma Patrie, & que j'abandonne mon Epoux ; Que dira Ménélaüs ?
PARIS.
Sans doute il doit ressentir un chagrin cuisant, lorsqu'il aprendra que je luy ravis le plus précieux de tous ses trésors. L'honneur veut qu'il me traite d'ingrat, de perfide, aprés tant de services reçûs. L'honneur, ce même honneur demande qu'il cherche tous les moyens de se vanger : Mais que peut craindre le digne Fils du plus grand Roy du Monde, quand Venus le protege ? Que peuvent aprehender les Troyens sous mes Eten-


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darts ? Bannissez vôtre crainte, oubliez la Grece, oubliez Ménélaüs, ne songez qu'à Pâris.
HELENE.
Prince c'est vous seul que j'adore, rien [ne] pourra jamais diminuer l'amour qui bri[lle] pour vous dans mon ame, je bannis ma crainte, j'oublie Ménélaüs, je ne songe qu'à Pâris.
On entend les Trompettes & les Timbales.
PARIS.
J'entens le bruit des Trompettes & des Timbales. Les Peuples viennent nous recevoir, & nous conduire en triomphe au Palais de mon Pere.

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SCENE II.
PARIS, HELENE, & leur suite.
TROYENS , & leur GOUVERNEUR.

LE GOUVERNEUR harangue Pâris.,

QUe nos coeurs sont satisfaits de revoir en ces lieux l'Auguste Fils de nôtre Roy, avec la plus adorable des mortelles. Venez heureux Amans, venez dans le magnifique Palais que l'on vous a préparé. Priam & toute la Maison Royale vous attendent. Chacun ressent une joye extréme de l'enlevement de la plus belle Princesse du Monde, soit par les mauvais traitemens que le Roy vôtre Pere receut des Grecs pendant sa captivité, soit par la désolation de Troye du temps de Laomedon, soit enfin que Priam espere retirer Hesione de leurs


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mains…… Marchez Troyens, & faites retentir ces lieux de mille cris d'allegresse.

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SCENE III.

Le Théatre change, il represente le Camp des Grecs des deux côtez, & dans l'enfoncement la Ville de Troye.
MENELAUS, seul.
UN Heros, un Potentat, un Roy, se voit ainsi deshonoré, & le fer ne vangera pas un si sanglant affront, périsse plûtôt toute la nature. Ingrat Pâris, ta noire trahison est-elle le prix de mes bienfaits ? Tu viens chez moy, je te reçois avec toutes les marques d'honneur & d'amitié dont un grand coeur est capable, & pendant mon absence tu m'enleves ce que j'avois de plus précieux. Cruel, ne crois pas échaper à la vangeance d'un Monarque irrité. Ne te flatte point que le Ciel laisse ton forfait impuni. O toy qui tiens en main le tonnerre ! Jupiter lance ta foudre sur la teste de ce criminel. Helene auroit - elle consenty à son enlevement, non, non, j'ay eu trop de preuves de son amour pour le croire. Helene est innocente, Pâris seul est coupable. A ce nom de Pâris, je sens que mon coeur frissonne. La fureur & la rage s'emparent de mon ame. Je ne suis plus à moy. Perfide Ravisseur, pour contenter ma vangeance, le sang payera


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ton outrage . Allons, courons, volons, assemblons les Chefs de nos Armées.

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SCENE IV.
ACHILLE, ULISSE, MENELAUS.
ACHILLE.

Où portez-vous, Seigneur, des pas si précitez ?
MENELAUS.
Grands Dieux est-il possible !
ULISSE.
Prince, nous avons appris l'affront que Pâris a fait à la Grece, nous venons, vous en marquer nôtre douleur, & vous dire que nous sommes prêts à vous vanger.
MENELAUS.
Une si cruelle offense demande des fleuves de sang.
ACHILLE.
Nos Troupes sont en bon ordre, tous vos Soldats ne respirent qu'aprés l'horreur & le carnage. Allons chercher les Troyens, allons les combattre, enlevons le Palladium, la seureté de leur Ville. Pillons, brûlons, sacageons Troye, massacrons Paris, & reprenons le Tresor qu'il vous a enlevé.
MENELAUS.
J'aime à voir la noble ardeur qui vous anime. Vôtre courage me répond de la victoire.


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Allez, faites avancer les Troupes, je vais marcher à leur tête.

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SCENE V.
MENELAUS seul.


MA presence redoublera la martiale vigueur, que mes Soldats font paroître, jamais crime ne fût plus odieux que celuy du fils de Priam, & jamais guerre ne fût plus juste, que celle que j'entreprens aujourd'huy, quel plaisir ! quelle joye ! quelles délices d'aller moy même tremper mes mains dans le sang de l'indigne Pâris. Mais j'entens un bruit de guerre, songeons à nous vanger.

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SCENE VI.


ON ouvre les Tranchées, à la mode Françoise, on attache le Mineur, on monte à l'Assaut, les Assiegez, & les Assiegeans sont repoussez ; Troïlus est tué par Achille, Hector tuë Patrocle, Achille tuë Hector, Pâris tuë Achille, Pirrhus, tuë Pâris. Ulisse entre dans la Ville, & enleve le Palladium.

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SCENE VII.
ULISSE tenant le Palladium.

ENfin j'ay enlevé le Palladium, heureux présage pour nous ! mauvais augure pour les Troyens.


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SCENE VIII.

On bat la Chamade dans la Ville, on fait voir un Drapeau.
MENELAUS, ULISSE, PYRRHUS,
SINON, TROMPETTE, SOLDATS.
MENELAUS.
Cessez, Soldats, cessez …Trompette, allez sçavoir ce qu'on veut.

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SCENE IX.

MENELAUS, ULISSE, PYRRHUS,
SINON, TROMPETTE, SOLDATS.

Le Trompette dit au Sentinelle qu'il demande à parler au Gouverneur de Troye, le Sentinelle luy bande les yeux, & le fait conduire dans la Ville.

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SCENE X.
MENELAUS, ULISSE, PYRRHUS,
MENELAUS.
L'Ennemy est plus fatigué de la Guerre que nous, dans un instant nous sçaurons ce que veut Priam. Il faut qu'on me rende Helene, sans cela point de quartier. Ma cause est legitime, les Dieux me sont propices, la Victoire nous est certaine : mais j'apperçois mon Trompette.


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SCENE XI.
MENELAUS, ULISSE, PYRRHUS,
SINON, TROMPETTE, SOLDATS.

Le Trompette donne une Lettre à Menelaüs, qui lit haut.
MEs trois Fils Massacrez. Troïlus, Hector, & Pâris, avec mes plus vaillans Generaux ; la Statuë de Minerve emportée, tout me contraint à Capituler. Menelaüs, je vous donne vingt mille pieces d'or, & toutes les provisions necessaires pour votre voyage en Grece, à condition que vous partirez dans une heure avec vôtre Armée.
Princes, j'ay besoin de vôtre conseil.
ULISSE aprés avoir parlé bas à Pyrrhus,
se tourne vers Menelaüs.
GRand Roy, il faut accepter la Capitulation, & feindre nous retirer. J'ay un stratagême dans ma tête qui réussira par le secours d'une Machine que j'ay fait construire à vôtre insçû. Dans un moment je vous diray dequoy il s'agit.

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SCENE XII.
MENELAUS, ULISSE, PYRRHUS,
SINON, TROMPETTE, SOLDATS.
MENELAUS.

TRompette, allez dire qu'on accepte la Capitulation…..Que quatre de mes


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Soldats l'accompagnent, et m'apportent ce que Priam a promis.
Le Trompette donne le signal, il retourne, le Sentinelle le fait conduire les yeux bandez dans la Ville. Quatre Soldats l'accompagnent.

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SCENE XIII.
MENELAUS, ULISSE, PYRRHUS,
SINON, SOLDATS.
MENELAUS.

SI l'on ne me rend pas Helene, encore un coup, point de quartier . . . Retirons-nous dans le Camp. On se retire

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SCENE XIV.


LE Trompette revient avec les Soldats chargez de sacs d'or, &c.

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ACTE II.


SCENE I.
SINON seul.
DIable, qu'il y faisoit chaud ! je n'ay jamais tant sué, que feu Monsieur Achille estoit un brave homme ! vertubleu comme il alloit. Nous avons pourtant per-


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du dans la mêlée une des meilleures pieces de nôtre sac ; ce qui nous console, c'est que Pyrrhus, cette jeune barbe, a fait la barbe à Pâris, il l'a si bien ébarbé, que jamais Barbier ne l'ébarbera, si ce n'est quelque Frater du barbon de Proserpine, qui a du poil comme un Barbet. Pâris, en un mot, est allé à l'autre Monde tenir compagnie à ses Freres, dont nous devons être joyeux ; car il nous auroit donné bien du fil à retordre. Je ne sçais ce que me veut Ulisse : mais il dit, qu'il a besoin d'un homme de tête tel que moy, pour faire réussir une entreprise. Le voicy fort à propos.

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SCENE II.
SINON, ULISSE.
SINON.

JE suis ravi, que vous soyez sain & sauf.
ULISSE.
Ecoûte Sinon, j'ay à t'entretenir sur une chose de la derniere importance. Tu sçauras que la Paix que nous avons concluë avec nos Ennemis, n'est qu'une feinte pour les surprendre.
SINON.
Ma foy, je croyois que c'étoit tout de bon.
ULISSE.
Par les conseils du vieux Nestor, j'ay inventé contre les Troyens toutes sortes de


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stratagêmes : En voicy un qui doit nous rendre les Maîtres absolus de la Ville. Nous feindrons faire un present à Minerve pour appaiser son couroux de ce que j'ay enlevé sa Statuë. J'ay fait bâtir un Cheval de bois.
SINON.
Vous avez eu bon nez de faire bâtir un Cheval de bois, car s'il eut esté de carton, il seroit devenu chiffon dans un temps de pluye.
ULISSE.
Nous laisserons ce Cheval devant les murs de la Ville, & nous ferons croire que nous prenons le chemin de la Grece ; nous nous retirerons seulement dans l'Isle de Tenedo. Toy, tu te feras prendre comme un Espion.
SINON.
Moy, je me feray pendre comme un Espion ? A d'autres Monsieur Ulisse.
ULISSE.
Tu feindras que nôtre flotte estant sur le point de faire voile en Grece, les Dieux avoient demandé qu'on leur immolât un homme de la Nation, s'il vouloient obtenir une Navigation heureuse. Tu diras que j'ay fait tomber le sort sur toy, & que tu fuis ma cruauté. Ensuite dissimulant toûjours, tu leur feras entendre que nous avons construit ce Cheval d'une grandeur prodigieuse, afin qu'il ne pût entrer dans la Ville, crainte qu'ils n'en tirassent aucun avantage à nôtre ruine.


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SINON.
S'il ne tient qu'à leur vendre du galbanum, tout ira bien. Les Grecs en sçavent un peu plus long que ces gens-là. Je gage si-tôt que j'auray déployé ma rhéthorique, oüy je gage qu'ils feront une ouverture aux murs de la Ville pour y traîner le Cheval en ceremonie. Ils danseront, chanteront, & boiront sur ma parole. La liqueur bachique d'un jus petillant qui montera jusqu'à la glande pinéale, les conduira tout à coup entre les bras de Morphée, aprés cela, Dieu sçait la joye !
ULISSE.
Que feras-tu ?
SINON.
Ce que je feray ! je feray ce que vous voulez que je fasse, je feray ce que vous ne m'avez pas dit, & ce que je devine. Ce Cheval d'une grandeur extréme, n'est point fabriqué pour des prunes.
ULISSE.
Tu m'entens, Sinon, & je suis ravi que tu m'entendes.
SINON.
Ce Cheval sans doute sera farcy de Soldats : mais de Soldats braves comme l'épée qu'ils portent. Vous voulez….que voulez-vous, Monsieur Ulisse ? je veux ce que vous voulez. Vous voulez donc, du moins c'est ma pensée, vous voulez que j'ouvre le ventre du Cheval, lorsque Madame Diane fera voir sa Corne argentée sur l'Orison. Vous voulez enfin, en-


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fin vous voulez que je délivre de la prison Chevaline des Gaillards qui n'aiment pas à demeurer en place.
ULISSE.
Alors tu allumeras un phare pour donner signal à l'Armée qui s'avancera toûjours sans bruit.
SINON.
Vous n'avez donc plus rien à me dire, Monsieur l'Instructeur ? Adieu, je vous donne vôtre congé. Que le Cheval montre son minois, ensuite ce sont mes affaires.
ULISSE.
Je vais donner ordre qu'on le fasse avancer, joüe bien ton personnage.
SINON.
Vous devriez déja être party, par ma foy vous ètes un grand jaseur.

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SCENE III.
SINON seul.

ULisse plus rusé qu'un vieux Singe, me regarde comme un homme de tête, il faut apparemment que je ne sois pas un sot, courage, mon esprit, ne faites point icy le Chien couchant, Madame ma mémoire êtes-vous arrosée, humectée, imbibée, des raisons raisonnantes, qu'un homme raisonnable, & des plus ratiocinans vient de vous raisonner ? . . oüy . . . oüy ! à la bonne heure, je vous rends graces, à cause de cela on boit.


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A vôtre santé ma mémoire, faites-luy raison mon esprit ; volontiers. Qu'on est heureux, quand ces deux gens-là sont d'accord ! tel homme dans le monde, est quelques - fois plus cheval, que le cheval qu'on améne, j'en connoîs, & le moyen de n'en connoître pas. Nôtre cheval est un bon cheval de trompette, qui ne s'étonne pas pour le bruit, je ne sçais si je suis de la nature des chevaux de trompette, mais je sçais bien que rien ne peut m'ébranler. Allons, Monsieur le Cheval, montrés nous Auvray vôtre encoulure. Quelque Mitron ne vous auroit-il point enfariné ? si cela est, nous vous défarinerons. Estes-vous poussif ? galopés donc, autrement je diray du mélilo de vôtre individu. Je parle en cheval de bas, honneur à Monsieur le Cheval de selle.

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SCENE IV.
SINON, SOLDATS.

CAmarades, campez ce quadrupéde, contre les Portes de la Ville… Ah, le joly petit Cheval ! ah, le joly petit mignon ! il a la taille fine comme un Cheval d'Espagne… Messieurs on n'a plus besoin de vôtre ministere, faites volte face, je suis vôtre serviteur.


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SCENE V.
SENTINELLE, SINON.
SENTINELLE.

ALte là, qui vive ?
SINON.
Troye.
SENTINELLE.
Qui êtes-vous ?
SINON.
Grec, Grec de par tous les Diables : mais Déserteur, & Déserteur de consequence. Peut-on parler à vôtre Gouverneur ?
SENTINELLE.
Il fait sa ronde, & sera icy dans un moment.
SINON.
Nous le verrons, s'il est visible.
SENTINELLE.
Le voicy, vous pouvez luy dire tout ce qu'il vous plaira.

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SCENE VI.
LE GOUVERNEUR, SINON.
SENTINELLE.
SINON.

BOn jour, Monsieur.
LE GOUVERNEUR.
Sentinelle quel est cét homme ?
SINON.
Bon jour, Monsieur.


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SENTINELLE.
C'est un Deserteur Grec, qui veut vous parler.
SINON.
Bon jour Monsieur, encor un coup.
LE GOUVERNEUR.
Trêve de complimens, vôtre nom, vite qu'on se dépesche.
SINON.
Je m'appelle, Sinon.
LE GOUVERNEUR.
Qui vous a fait quitter nos ennemis ?
SINON.
Le cruël Ulisse . . . Voyez vous ce Cheval ?
LE GOUVERNEUR.
Oüy, c'est une Machine prodigieuse . . à quel dessein ?
SINON.
A quel dessein ! à dessein de calmer Minerve à cause du Palladium emporté. Si vous voulez que je vous parle naturellement ? Ulisse n'a fait construire le Cheval d'une grandeur extraordinaire, qu'afin qu'il ne pût entrer dans vôtre Ville.
LE GOUVERNEUR.
Pourquoy ?
SINON.
Crainte que vous n'en tiriez de l'avantage contre les Grecs. Croyez moy, Monsieur, ou Monseigneur, je ne suis pas fort sur les Complimens, croyez moy, c'est tout vous dire, qu'un Cheval qui doit être la ruïne des Grecs, mérite bien qu'on le consacre à la Déesse, avec toutes les cérémonies possibles.
LE GOUVERNEUR.
La chose est trés importante, je vais en parler à Priam, restez-icy jusqu'à mon retour, voicy dequoy boire à la santé du Roy.


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SCENE VII.
SENTINELLE, SINON.
SENTINELLE.

MA foy, ce Cheval est drole.
SINON.
Laissons-là le Cheval, songeons à boire.
SENTINELLE.
Attendez donc, ma Gourde est gourde, il faut la dégourdir.
SINON.
Avec de l'argent, on dégourdit toutes choses, tenez l'Amy.
SENTINELLE.
La Quantine est proche, j'y cours, je vais prendre un morceau de Pain, afin que le Vin vous semble meilleur ne vous ennuyez pas, je suis à vous dans un instant.
SINON.
Dépeschez vous, Camarade, car la soif . . . Oüy la soif, j'ay soif enfin.

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SCENE VIII.
SINON seul.

TU boiras, parbleu tu boiras : mais je boiray sur ta fosse. Pauvres Diables de Troyens vous êtes bien de vôtre Païs. Ce Gouverneur est une grande bête, de croire tout ce que je luy débite. Voicy, mon Sentinelle, buvons deux ou trois rasades, vinum moderate sumptum, avise bien un homme.


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SCENE IX.
SENTINELLE, SINON.
SENTINELLE.

MOrbleu, voilà ma Gourde dégourdie, voyez moy là couleur de ce Vin, c'est du Nan nan, en qu'en dites vous ?
SINON.
Je ne juge jamais du Vin par la couleur, le goût fait tout.
SENTINELLE.
Humectez en donc vôtre ésophage.
SINON.
A vôtre santé.
SENTINELLE.
Comment trouvez vous cette liqueur ?
SINON.
Je resvois à toute autre chose, ma foy je ne l'ay pas goûtée, versez, versez, versez vous dis-je.
SENTINELLE.
Nous verserons tant qu'il vous plaira, Dame c'est du Nectar des Dieux.
SINON.
Il est question de le goûter ! derechef à vous.
SENTINELLE.
Hé bien ?
SINON.
Ce Vin là, n'a point de séve, de fumée, de montant.
SENTINELLE.
Apparemment vous n'êtes pas en goût ?
SINON.
Vous avez raison, concedez moy la superficie grossiere de votre Pain ( il mange) ma foy, à petit manger, bien boire. Versez, Camarade, allons, iterum.
SENTINELLE.
Si je buvois un petit coup y auroit-il tant de mal ?


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SINON.
Croyez-moy, un Sentinelle a besoin de sa tête, je vous parle en Amy, aprés cela vous serez à votre mode.
SENTINELLE
Ma foy, ma mode est de boire & reboire à tire-larigo.
SINON.
Pour moy, je vous jure que je ne boiray pas davantage, certaines raisons m'en empeschent.
SENTINELLE.
A vous, drôle de corps. Quoy que je me sois farci de dizico flôtinant, je ne laisseray pas de vuider ma gourde d'un seul trait. Au moins ne vous y trompez pas, elle contient deux pintes à un demy septier près ; Vous n'en avez pas bû plus d'un, reste à trois chopines que je sable à vôtre santé ; il n'y a point de plaisir à boire si l'on ne s'en sent.
SINON.
( bas ) Pauvre Sentinelle, que je te plains ! ( haut ) j'entens du bruit, c'est apparemment vôtre Gouverneur.

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SCENE X.
LE GOUVERNEUR, Plusieurs TROYENS,
SINON.
LE GOUVERNEUR.

ENfin nous respirons l'air ; visitons les Postes, & voyons si les Grecs n'y sont point encore. ( il regarde ) Non, mes Amis… aprés avoir écoûté vos raisons, je conclus qu'il faut faire entrer le Cheval, qu'on abbatte les portes. Cette machine dans nôtre Ville nous rendra Maistres Souverains des Grecs( à Sinon ) le Roy vous recompensera. Que les Timbales d'accord avec les Trompettes resonnent


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de toutes parts. Trainons dans Troye avec cérémonie un Cheval, qui va faire nôtre felicité. Amis, dansons, chantons au son des Instrumens, répandons des tonneaux de Vin.

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SCENE XI.
Marche des TROYENS & TROYENNES
qui boivent, dansent & chantent.
Un TROYEN chante.
Que tout respire icy, le plaisir & la joye ;
Conduisons le Cheval dans Troye.
Rions, dansons,
Faisons entendre nos Chansons.

Entrée de quatre TROYENS.
MENUETS.
Un YVROGNE chante.
Sans Bachus on ne peut vivre,
Sans Bachus on ne vit plus ;
C'est luy seul qui nous délivre
De mille soins superflus :
Sans Bachus on ne peut vivre,
Sans Bachus on ne vit plus.

LE CHOEUR répete sans Bachus.
Entrée d'YVROGNE.

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SCENE XII.
SINON, LES TROYENS yvres & endormis.

VOus êtes Romesteques, Messieurs les Troyens, nous vous allons faire dégobiller les Tripes, Bachus on vous rend graces. Pendant que toute la


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Ville est endormie Crapuleusement, ouvrons le ventre de nôtre Quadrupede. ( Il a des Clefs à la main, il en veut mettre une dans la Serrure, ) les Serruriers Fabricateurs de la Clef, ouvre ventre, sont des mal à-droits, ne leur en déplaise. Ce n'est peut-estre pas là le passe par tout, voyons, regardons, examinons, il ne faut point condamner les gens sans sujet. Tournons, virons, ( il met la Clef auprés de la Serrure ), ma foy je ne me trompe point, la Serrure est roüillée, ou bien ou bien, quoy ? ou bien, néant ; que Diable faire : ( il met la Clef contre la Serrure. ) En verité je suis un grand ignare, je mets la Clef les dents enhaut. Doucement  ! . . . la, la, là. . . . . à ce coup m'y voilà. . . Compagnons entassez comme des Harangs dans une Barique, évadez-vous du Ventre ventru de l'Animal éventré, montrez-nous vos faces. Vous avez eu le tems de faire dodo, reveillez-vous, & réveillez nos Ennemis avec le fer & la flâme.

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SCENE XIII.

Les Soldats sortent du corps du Cheval, avec des flambeaux, Sinon allume un Phare. L'Armée Grecque avance.

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SCENE XIV.
MENELAUS, PIRRHUS, TROYENS, GRECS.
PIRRHUS.

SOldats qu'on obéïsse. Pour vanger la mort d'Achille mon Pere, massacrons Priam, Polite, Polixéne, Astianax, mettons la Ville en cendre. ( On se bat, on brûle la Ville. ) Courage, amis, courage. Combatez pour Ménélaus, combatez pour


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l'honneur de la Grece, combatez pour vous.
MENELAUS.
Allons, frapons, brûlons, immolons tout à nôtre vangeance. Que l'Ennemi cede aux coups du Vainqueur.
PIRRHUS.
Remportons la Victoire.
UN TROYEN.
Je meurs.

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SCENE XV.
MENELAUS, PIRRHUS, ANDROMAQUE.
TROYENS, GRECS.
ANDROMAQUE.

GEnereux Pirrhus, conservez les jours de la femme d'Hector. Andromaque maintenant vôtre Esclave, se jette à vos genoux. Aurez-vous le courage de me voir expirer à vos yeux ? Les pleurs d'une Princesse au desespoir ne pourront ils vous fléchir ?
PIRRHUS.
Relevez-vous, Madame, vous n'êtes point mon Esclave. Vivez, & vivez pour Pirrhus ; vous trouvez chez moy un second Epoux, & non pas un Barbare . . . . Gardes, qu'on ait soin de la Princesse.

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SCENE XVI.
MENELAUS, PIRRHUS, ANCHISE, ENE'E,
TROYENS, GRECS.
ANCHISE.

SAuvez-vous, Enée, emportez ce que vous avez de plus précieux.
ENE'E.
Pour tout trésor je n'ay que vous, mon Pere, & mes Dieux domestiques. Donnez-moy la main petit


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Ascanius, évitons le pressant danger.
MENELAUS.
Enfin nous sommes victorieux, la Ville est à nous ; Entrons dans le Palais, reprenons Helene : Mais je l'aperçois, grands Dieux, que j'ay de graces à vous rendre !

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SCENE XVII.
MENELAUS, PIRRHUS, HELENE.
MENELAUS.

QUe la tristesse cede à la joye, belle Helene ; cessez vos pleurs, vous revoyez vôtre legitime Epoux.
HELENE.
Souffrez, Seigneur, que je respire.
MENELAUS.
Respirez, charmante Reine, respirez. Tout autre que vous, Madame, eut perdu la lumiere au milieu d'un si sanglant carnage. Pallas & Junon viennent d'exaucer nos voeux, l'indigne Pâris ne vit plus, je suis vainqueur, & je vous possede, Madame.
HELENE.
Depuis mon séjour à Troye, les Dieux me sont témoins, que me trouvant seule, je versois des torrens de larmes. Si je ne m'étois pas flâtée de l'espoir de vous revoir, le fer eut terminé mes jours. Ne croyez point, Seigneur, que Pâris ait pû ébranler ma constance ; Plus il faisoit éclater son amour, & plus je ressentois de haine pour luy. Les caresses du Roy, les honneurs qu'on me rendoit, les jeux, les spectacles, ne servoient qu'à m'affliger davantage. J'avois perdu Ménélaüs.
MENELAUS.
Je n'ay jamais douté de vous, Madame, & je suis persuadé que vous n'avez jamais douté de moy. Toutes les beautez de la Grece me sembloient affreux [... ligne qui manque]


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HELENE.
Lorsque la vertu & l'amour ont uni deux coeurs ; on ne sçauroit les separer. Vous n'avez jamais cessé d'être present à ma mémoire, Menelaüs étoit gravé dans mon ame, je ne songeois qu'à luy, je ne voyois que luy, je ne parlois qu'à luy. L'amour est le prix de l'amour. Vôtre fidelité n'a point démenti la mienne. Helene a toûjours vêcu pour Ménélaüs, Ménélaüs a toûjours vêcu pour Helene.
MENELAUS.
Allons, Madame, allons nous preparer, pour rendre graces aux Divinitez qui nous ont esté propices ; faisons une Feste en l'honneur de Pallas & de Junon.

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ACTE III.
Mêlé de Danses & de Musique.
JUNON & PALLAS, dans un char.
MENELAUS, HELENE, GRECS, & GREQUES.
JUNON.

PAris est abîmé dans la nuit du tombeau,
Pirrhus qui m'a vangée,
Des jours de ce perfide éteignit le flambeau ;
D'un tirannique Empire Helene est degagée,
Pâris est abîmé dans la nuit du tombeau.
Pourquoy méprisoit-il ma brillante richesse ?
Pourquoy méprisoit-il vôtre insigne sagesse ?
Jamais un fol amour ne l'eut conduit en Grece ;
Pâris est abîmé dans la nuit du tombeau.
PALLAS.
Nous avons triomphé de la belle Déesse,
Fatale trop souvent à l'aimable jeunesse.
Venus dont le pouvoir faisoit tant de fracas,
N'a pû sauver Pâris de l'horreur du trépas


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Que chacun de vous s'apreste
A celebrer cette Feste,
Faites retentir les airs
De mille nouveaux concerts.

CHOEUR.
Que chacun de nous s'apreste
A celebrer cette Feste,
Faisons retentir les airs
De mille nouveaux concerts.

HELENE.
Divinitez, qui nous êtes propices,
Nous venons avec nôtre Cour
Celebrer ce grand jour,
Par des jeux & des Sacrifices.

Entrée de quatre GRECS.
MENELAUS.
Pâris a traversé le boüillant Phlégéton ;
Il est descendu chez Pluton.
C'est en vain qu'il prie,
C'est en vain qu'il crie,
Il doit sentir toute la barbarie
D'un impitoyable furie.

Entrée d'un GREC & d'une GREQUE.
MENELAUS, HELENE.
Enfin le calme est de retour,
Ce n'est plus la saison de répandre des larmes,
Il est doux de revoir l'objet de son amour,
Aprés de cruelles allarmes.

Entrée de deux GRECS, & amp; de deux GREQUES.
MENELAUS.
Scachez objet charmant, Que je suis moins Epoux que je ne suis Amant.


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HELENE.
Je m'apperçois sans cesse,
Que pour moy vôtre coeur redouble sa tendresse.
Si l'on trouve chez vous
Plus l'Amant, que l'Epoux ;
Chez moy, je le confesse,
La Femme cede à la Maistresse.

Entrée de deux GRECS.
RITOURNELLE.

Trois GRECS.
Que ce jour fortuné flate bien nos desirs !
Il a d'inexprimables charmes ;
Ce n'est plus le temps des allarmes ;
C'est celuy des plaisirs.

LE CHOEUR répete le même air.
Entrée de deux GRECS.
Un GREC.
Nous possedons nôtre adorable Reine,
Nos fiers Ennemis sont vaincus,
Chantons en tous lieux vive Helene,
Vive Menelaus.

CHOEUR.
Chantons en tous lieux vive Helene,
Vive Menelaus.

Entrée GROTESQUE.
Chaconne.

FIN.


Permis d'Imprimer, le 30. Janvier 1705.
MARC RENE' DE VOYER D'ARGENSON.

[Texte numérisé par Kim-Lien N'Guyen]

Nous tenons à remercier David Trott qui nous a beaucoup aidé dans la préparation de ce texte.

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--> See also:
Calendrier des spectacles sous Louis XIV,
Parfaict, Mémoires... (1743) tome 1, tome 2
Campardon, Les Spectacles de la foire... (1877)
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