le rôle de bailli, a prié l'épouse du comparant de lui prêter ses deux montres ; qu'après le jeu un particulier est venu frapper sur l'épaule dudit Beaubois et lui dit : « C'est fait ! » qu'un instant après ledit Beaubois est disparu en emportant les deux montres et le costume de bailli dans lequel il avoit joué ; observe que le mot : « c'est fait ! » qu'un particulier est venu dire audit Beaubois avoit pour but le signal d'un autre vol qui venoit de se faire au sieur Loyson, directeur dudit théâtre, auquel ledit particulier, aidé de ses camarades, avoit enlevé pour 1,900 livres d'effets ; que depuis ledit Beaubois n'a pas reparu ; que le comparant l'ayant aujourd'hui rencontré enclos du Temple, dans la Rotonde, il l'a arrêté et conduit au Comité du district qui l'a renvoyé par-devant nous pour être ordonné ce que de raison. Observe que l'une desdites montres est à boîte d'or suisse et que l'autre n'est qu'une fausse montre, auxquelles pendent deux chaînes de cuivre doré auxquelles pendent différentes breloques et notamment un cachet de cuivre sur lequel est gravé le chiffre D. Observe enfin que lesdits faits sont à la connoissance des nommés Jean-Pierre Duhamel et Louis Rousseau, tous deux employés audit théâtre du Rendez-vous des Champs-Élysées.
Signé : DUGARD.
Est aussi comparu sieur Guillaume Loyson, entrepreneur et directeur du théâtre du Rendez-vous des Champs-Élysées, demeurant rue de la Ville-l'Évêque, maison de l'épicier, paroisse de la Madeleine : Lequel nous a dit que depuis les fêtes de Pentecôte ledit Jean Beaubois est enrôlé dans sa troupe ; que son talent de coiffeur l'a souvent laissé pénétrer dans la maison du comparant ; qu'il coiffoit même son épouse qui l'avoit souvent admis à dîner ou à souper avec eux ; que dimanche dernier ledit Beaubois a joué le rôle de bailli ; qu'étant sans culottes pour jouer ce rôle, le comparant lui en a prêté une paire ; qu'arrivé à la salle le comparant se plaignit d'être gêné dans son habit d'uniforme ; que ledit Beaubois lui a offert de lui prêter sa redingote ; que le comparant a accepté cette offre, a endossé la redingote dudit Beaubois et lui a confié son habit d'uniforme dont il s'est revêtu. Observe que la clef de l'appartement du comparant étoit dans la poche droite dudit habit. Ajoute que lorsque ledit Beaubois eut fini son rôle de bailli dans la seconde pièce, un particulier vint dans l'entr'acte lui frapper sur l'épaule et lui dit : « C'est fait ! » que ce particulier est aussitôt disparu ; qu'un instant après ledit Beaubois s'est évadé avec le costume de son rôle ; que le comparant a trouvé dans la loge l'habit d'uniforme qu'il avoit confié audit Beaubois ; mais que la clef de son appartement n'étoit plus dans la poche ; que, rentré chez lui, il a trouvé sa porte ouverte mais sans effraction ; qu'il s'est aperçu que le peu de hardes qu'il avoit laissé étoit jonché par terre ; qu'ayant poussé les recherches plus loin il s'est aperçu qu'on lui avoit volé deux douzaines de chemises d'homme, vingt-deux chemises de femme, quatre paires de draps, un habit de drap bleu doublé de ras de Saint-Cyr, à boutons de métal, un habit de drap gris à boutons de métal, un frac de drap gris à boutons de métal blanc,

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |