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En conséquence, nous, commissaire susdit, sommes transporté ledit jour 17 février 1719, sur les cinq heures du soir, dans la loge dudit Bertrand, située dans l'enceinte de la foire St-Germain-des-Prés ; à la porte de laquelle loge sont de grandes inscriptions sous le titre de Grandes marionnettes du sieur Alexandre Bertrand. Et étant entré dans ladite loge, nous avons remarqué qu'il a été joué sur un petit théâtre des marionnettes, et qu'après le jeu des marionnettes fini, il a été annoncé sur le même théâtre par un particulier que la comédie alloit être jouée par des personnages naturels. Et en effet, un instant après, la toile ayant été levée, ce qui auroit formé un plus grand théâtre éclairé de plusieurs lumières et orné de décorations, il auroit été représenté sur ledit théâtre une petite comédie dont le sujet étoit : les Amours et le Mariage d'Isabelle avec Octave troublés par le major de Bagnolet ; que dans ladite comédie étoient plusieurs acteurs et actrices faisant les rôles d'Arlequin, de Mezzetin, de Pierrot, d'Octave, d'un vieillard, d'Isabelle et de Colombine ; lesdits acteurs changeant quelquefois d'habillement et de personnage, savoir ledit Pierrot déguisé en marchand d'eau-de-vie et en oublieux et ledit Arlequin en officier d'armée sous le titre de major de Bagnolet ; que tous lesdits acteurs et actrices se parlent et se répondent les uns aux autres pendant toute la pièce depuis le commencement jusqu'à la fin sur le sujet qu'ils représentent, ce qui forme une petite comédie suivie de scènes qui ont toutes rapport les unes aux autres. Et nous avons remarqué aussi que tant dans le cours de la comédie qui a été représentée qu'à la fin d'icelle, il a été chanté des chansons et dansé quelques danses par lesdits acteurs et actrices accompagnés de quelques violons.

Dont et de quoi nous avons dressé procès-verbal.

(Archives des Comm., no 2759.)

VII

L'an 1720, le vendredi 16 février, heure de midi, par-devant nous Nicolas François Ményer, etc., en notre hôtel, est comparu Alexandre Bertrand, maître doreur à Paris et joueur des menus plaisirs du Roi, demeurant à Paris, rue des Cannettes, paroisse St-Sulpice : Lequel nous a fait plainte et dit que Nicolas Bertrand, Anne Bertrand, ses enfans et Nicolas Bienfait, son gendre, et la nommée Cassebois, sa bru, font courir un bruit très-scandaleux à l'honneur et réputation du plaignant et disent hautement et publiquement qu'il couche journellement avec Thérèse Gâteau, sa nièce (1), et qu'ils vivent en mauvais commerce ensemble, ce qui fait un tort considérable tant à l'honneur et réputation de ladite Gâteau qu'à celle du plaignant ; qu'ils ont écrit plusieurs libelles diffamatoires signés d'eux et des lettres missives adressées aux

(1) Alexandre Bertrand était veuf de Sulpice Gâteau, sa femme, depuis le mois de mai 1719.


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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