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COMUS (NICOLAS-PHILIPPE LEDRU, dit), né en 1731, mort en 1807, habile physicien, avait sur le boulevard, dès 1762, un cabinet où il faisait diverses expériences utiles sur le son, la lumière et l'électricité. Dans ses Lettres à Mademoiselle Voland, Diderot en parle ainsi à la date du 28 juillet 1762 : « Comus est un charlatan du rempart qui tourne l'esprit à tous nos physiciens ; son secret consiste à établir de la correspondance d'une chambre à une autre entre deux personnes sans le concours sensible d'aucun agent intermédiaire. » En 1778, il annonçait des expériences sur la sensitive, mais « comme cette plante est de celles qui, étant sujettes au sommeil, se couchent avec le soleil, il prie les personnes qui désirent la voir de se trouver à 6 heures précises ». L'année suivante il annonce qu'il prouvera qu'il est un agent universel, cause de tous mouvements, et qu'il expliquera par cet agent tous les phénomènes en physique. Enfin, en 1782, il prévient qu'il « soumettra à l'électricité le diamant et sa poudre et donnera un moyen facile pour reconnoître le diamant du Mogol d'avec celui du Brésil. Il invite les personnes qui ont des certitudes sur la nature de leurs diamans de vouloir bien s'en charger afin de constater cette découverte. Ces expériences seront suivies de ses amusemens les plus intéressans. Il commencera à 6 heures précises, en son cabinet boulevard du Temple. Une société que le sieur Comus n'a pas l'honneur de connoître, l'ayant engagé la semaine dernière de s'occuper d'un moyen peu dispendieux pour chasser d'un canon une balle quelconque sans employer le feu, l'air, les gaz en général, la poudre à canon et aucune des substances qui peuvent entrer dans sa composition, il avertit qu'il croit avoir rempli les propositions qui lui ont été faites et qu'il rendra public sous peu son procédé, à moins que ces mêmes personnes ne s'y opposent. » A ces diverses expériences, Comus en ajoutait d'autres encore sur le magnétisme, le plein de contiguïté, l'incompressibilité de l'eau, etc., etc. Enfin, son cabinet renfermait encore diverses pièces curieuses telles que « une femme automate qui met l'habillement qu'une personne pense ; une cage


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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