commode, dessus de marbre, de secrétaire, bois de lit, glaces et chaises. Nous nous sommes ensuite transporté chez le sieur Turenne, où nous avons remarqué quatre tables de marbre cassées, une glace d'environ un pied de hauteur sur un pied de largeur, sept carreaux cassés aux croisées et vingt-cinq carafons de gros verre aussi cassés ; ledit sieur Turenne nous a déclaré que c'étoit par le fait des pompiers. Nous sommes monté chez la dame de Bellemare, au premier étage de la maison dudit sieur Turenne, et nous avons remarqué qu'il y a six carreaux cassés aux croisées, qu'elle nous a déclaré provenir du fait des pompiers. Nous sommes ensuite entré dans la salle incendiée où nous avons fait mettre douze terrines pour éclairer les ouvriers encore occupés à la sortie des décombres par une autre brèche faite au mur du fond de ladite salle, et nous y avons encore laissé des sentinelles.
Et à l'instant est comparu sieur Abraham-Dominique Tiroco, marchand limonadier à Paris, y demeurant rue de Bretagne et tenant le café dudit spectacle : Lequel nous a dit qu'il vient d'apprendre qu'il se répand dans le public un bruit qui annonce que c'est par son fait que le feu a pris dans ladite salle, pourquoi il nous requiert de nous transporter dans son laboratoire et dans sa salle où il tient son café, à l'effet d'en constater l'état.
Signé : TIROCO.
En conséquence sommes passé dans le laboratoire et dans la salle du café dudit sieur Tiroco, qui nous en a fait l'ouverture avec la clef qu'il avoit en ses mains et nous avons remarqué que tout est absolument intact et qu'il n'y a pas même de fumée.
Signé : VANGLENNE.
Nous avons ensuite procédé à la réception des déclarations des sieurs Colon et Aubri. Est comparu sieur Antoine Colon, directeur dudit spectacle, demeurant rue de la Joaillerie : Lequel nous a dit qu'il a été averti du malheureux événement arrivé dans ladite salle, ce matin vers une heure. Qu'il s'y est transporté et l'a vue tout en feu. Qu'il ne sait comment le feu a pu y prendre, parce qu'hier au soir il n'en est sorti qu'à 10 heures et demie, après une répétition, et qu'il a fait la visite dans tous les endroits de ladite salle, comme il a coutume de le faire tous les jours, et qu'il n'a rien remarqué qui annonçât un incendie. Déclarant que toutes les décorations, les habillemens et costumes sont entièrement brûlés et qu'il n'a pu rien sauver.
Signé : COLON.
Est aussi comparu sieur Antoine Aubri, régisseur dudit spectacle, y demeurant : Lequel nous a dit que la nuit dernière sur le minuit il a été réveillé par sa fille qui lui a dit qu'il y avoit des voleurs dans l'autre chambre. Le comparant a prêté attention et a entendu crier au feu. Qu'il est sorti de son appartement et a vu la salle tout en feu. Qu'il n'a eu d'autre parti à prendre

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |