dans un carrosse de louage avec deux femmes, ont demandé à souper et ont resté une partie de la nuit malgré lui dans son cabaret, ont même demandé dès le grand matin à déjeuner et ont fait une dépense de 80 livres, ont mangé à souper une matelotte fort ample, une hurne (sic) de saumon salé, une carpe frite, huit merlans, huit soles. A déjeuner une macreuse, un maniveau d'éperlans, un demi-cent d'huîtres et bu vingt bouteilles de vin : deux desquels particuliers s'en sont en allés après déjeuner, les autres qui sont restés ayant répondu pour eux de l'écot ; qu'étant question présentement de payer ladite dépense et même le carrosse de place qui a resté toute la nuit dans sondit cabaret, aucun desdits particuliers et desdites femmes ne se sont trouvés avoir de l'argent, en sorte que, ne connoissant point lesdits particuliers ni lesdites femmes, il a fait requérir notre transport en sa maison à l'effet de lui procurer le payement de ce qui lui est dû : nous déclarant même qu'ils ont envoyé chercher un maître à danser pour jouer du violon afin de les divertir pendant le souper. Et nous commissaire susdit nous étant informé quels étoient lesdits particuliers et lesdites femmes, avons appris que l'un d'eux se nommoit Pierre-Adrien Nugent, sans emploi ni condition, un autre se nommer Jacques Dorléans, sauteur au jeu de Francisque à la foire St-Germain, un autre Jacques Bridou, fils d'un serrurier, rue de la Parcheminerie, et le quatrième François Prota, maître à danser ; que l'une desdites femmes se nommoit Françoise Dorléans, sur dudit Dorléans et femme de Pierre Coquille, comédienne à la foire, et l'autre Anne Drouin, fille. Et ayant remontré auxdits susnommés qu'ils avoient tort d'avoir fait une dépense si considérable chez ledit Martin, n'ayant aucun argent pour payer, et que s'ils ne le payoient et ne lui donnoient des sûretés nous les envoierions ès prisons du Châtelet pour leur apprendre à ne pas abuser de la facilité que ledit Martin avait eue de leur donner ainsi à boire et à manger. Et lesdits Dorléans et Nugent ont donné des assurances par écrit audit Martin de le satisfaire et ont promis aussi de payer Gabriel Latour, cocher de place, servant le nommé Pâris, loueur de carrosses, demeurant rue de Normandie, au Marais, qu'ils gardoient depuis hier au soir. Et ayant été informé que ledit Jacques Bridou, qui a été ci-devant condamné aux galères, qui est le fils d'un serrurier demeurant rue de la Parcheminerie, s'en étoit échappé et étant obligé d'en demeurer d'accord, nous l'avons fait conduire par Duchoiselle, exempt de M. le prévost de l'île, ès prisons du Châtelet, comme vagabond et repris de justice, pour le faire écrouer à la requête de M. le procureur du Roi et de ce que dessus avons dressé le présent procès-verbal, etc.
Signé : LABBÉ.
( Archives des Comm., no 1850.)
DORLÉANS (FRANÇOISE), sur du précédent et comédienne foraine en 1721.
Voy. DORLÉANS (JACQUES).

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |