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épouse du sieur Foucault, maître à danser, qui demeure grande rue du faubourg St-Antoine, et l'a priée de lui procurer un arrêté de ladite Duhamel et un consentement pour que la plaignante pût toucher dudit Nicolet les 48 livres sur ce qu'il pouvoit devoir à ladite Duhamel. Que ladite femme Foucault a apporté samedi dernier, le matin, le consentement de ladite Fanchon Duhamel qui reconnoît devoir ladite somme de 48 livres à la plaignante et lui donne pouvoir de la recevoir. Que ladite veuve Duhamel ayant imaginé que ledit Nicolet feroit la paye sur les 5 heures du soir est venue trouver ledit Nicolet à sa loge, à la foire St-Ovide, pour recevoir ce qu'il devoit à sa fille, sans aucun pouvoir d'elle. Que le sieur Aulonde, sergent-major de la garde de Paris, s'étant trouvé là, et ayant entendu que ladite veuve Duhamel disoit qu'elle avoit formé opposition ès mains dudit Nicolet, il lui a dit qu'elle ne pouvoit recevoir pour la demoiselle sa fille que la dame Beaulieu, plaignante, ne fût payée de ce que sadite fille lui devoit. Que sur cela, ladite plaignante, qui étoit chez elle dans sa boutique à la foire St-Ovide et ne savoit pas ce qui se passoit à la loge de Nicolet, a vu accourir ladite veuve Duhamel dans sadite boutique avec un air sérieux, qu'elle y est entrée et s'est élancée sur ladite plaignante qui étoit avec la dame Nicolet, la dame veuve Brodin, le sieur Sauvat, les nommés Baptiste et Flé et nombre d'autres personnes ; que ladite veuve Duhamel en mettant le poing sur le nez de la plaignante lui a dit : « Te voilà, m..... ! tu me diras où est ma fille ! Tu es une g.... et une puante, un c.. pourri. On te connoit puisque tu as fait trois enfans avant d'être mariée. Je te le prouverai, gueuse, c'est Nicolet lui-même qui me l'a dit, tu es une bonne g..... car tu es m..... de mon enfant et tu as vécu de son c..... et c'est ce qui te fait demander et exiger ce qu'elle ne te doit pas. » Qu'elle a répété ces honteux discours nombre de fois avec des cris violens, voulant se jeter sur la plaignante, ce dont elle a été empêchée par les personnes présentes et par ledit Aulonde, qui est survenu et qui s'est mis entre elles deux, et qu'en se retirant ladite Duhamel a dit que la plaignante et son mari étoient des canailles, qu'ils lui payeroient et qu'elle leur a craché au visage en réitérant ses invectives et juremens.

Et comme la vie et la conduite de la plaignante sont irrépréhensibles, qu'elle est connue pour une honnête femme et qu'elle a le plus grand intérêt de faire réprimer de pareilles injures et calomnies, elle est venue nous rendre plainte.

Signé : F. LAIGLE ; AURET DE LA GRAVE.

( Archives des Comm., no 4961.)

DUJARDIN (LAFALOYE, dit), acteur forain, fut d'abord domestique chez le musicien Destouches, chanta pendant quelque temps dans les théâtres de province, puis entra dans les


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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