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Tancrède ; la mort de Dudon et ses funérailles ; l'enchantement de la forêt et l'épisode d'Armide dès le moment où cette magicienne est livrée à Ismen et Hidrahot par le prince des ténèbres, jusqu'à celui où, vaincue dans le dernier combat des chrétiens contre les infidèles, elle se tue et meurt dans les bras de Renaud.

« Le grand nombre d'acteurs nécessaires pour exécuter un sujet si compliqué, les différens combats, les marches militaires, les enchantemens d'Armide pour délivrer Renaud et arrêter les efforts des chevaliers danois, rendent la scène très-agréable. L'incroyable multiplicité des changemens de décorations qui se font avec une précision et une facilité très-extraordinaires, jointe à la richesse des costumes et des habits, font de ce spectacle, qui n'est que pour les yeux, un objet intéressant. Il est à présumer que l'usage formera les sujets et que les acteurs principaux pourront rendre avec plus de vérité et d'énergie les différentes situations où ils se trouvent. Le moment où Armide surprend Renaud endormi est traité par l'auteur et exécuté par les acteurs avec beaucoup d'intelligence ; la haine personnifiée arme la magicienne du poignard fatal et l'amour le lui arrache. La musique est en général très-analogue à ce qui se passe sur la scène et l'exécution en a été très-applaudie. Le compositeur est M. Rochefort, de l'Académie royale de musique ; M. Brenier, de la même Académie, en est le machiniste, et M. Crosnier le peintre. M. Deshaies, maître des ballets de la Comédie-Françoise, dirige et compose ceux de ce nouveau spectacle. La salle nous a paru d'une composition agréable ; elle a la forme circulaire et ressemble en ce point à celle de Versailles. On a applaudi à sa décoration et surtout à celle de l'avant-scène dont l'ouverture paroît un peu ressérée. L'architecte, M. Henri, obligé de se conformer à certaines convenances qui sont autant d'entraves pour les artistes, a donné à ses loges plus de profondeur qu'elles n'auroient dû peut-être avoir. Il y a une idée assez heureuse et neuve dans la manière de remplacer la toile qui se baisse dans les entr'actes, c'est un nuage qui s'élève de terre et qui se marie avec ceux qui sont déjà dans les airs. »


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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