aujourd'hui communément Petit-Jean, ayant été ordonnée, il consent ladite visite avec la circonstance des faits qui ont été par lui mis en avant et par écrit, qui sont que le singe dont il s'agit est beaucoup plus camard que les autres singes ; que les deux dents de devant de la mâchoire supérieure sont beaucoup plus larges que les dents ordinaires ; que ledit singe a eu autrefois les deux oreilles percées, en sorte que si elles ne se trouvent pas présentement telles, on doit du moins y reconnoître une blancheur et cicatrice qui marquera qu'elles ont été effectivement percées ; que ledit singe étant autrefois sauté d'une fenêtre en bas, il se fit une coupure de verre à un des doigts des pieds de derrière, en sorte que la cicatrice doit y paroître et s'y reconnoître. Sous lesquelles observations et sans préjudice de la représentation et comparaison que ledit Féry requiert du singe que Dubois, qui est aussi dénommé dans la susdite sentence, est convenu d'avoir acheté d'une femme et avoir encore actuellement dans sa possession, il requiert ladite visite. Et a ledit Féry déclaré ne pouvoir écrire, ni signer à cause des blessures qu'il a reçues à la main droite.
Sont aussi comparus Guillaume Allain, huissier à verge audit Châtelet, et Charles Bigeon, marchand fripier à Paris, conjointement gardiens du singe nommé Petit-Jean saisi sur ledit Endric, lesquels ont dit qu'ils sont prêts et offrent de représenter ledit singe suivant la sommation qui leur a été faite le jour d'hier par Biétrix, huissier audit Châtelet.
Signé : E. BIGEON ; ALLAIN.
Sur quoi, nous commissaire susdit, avons auxdites parties donné acte de leur comparution, dire et réquisition ci-dessus, ensemble de la représentation qui nous a été faite par lesdits Allain et Bigeon du singe en question amené dans la loge dudit Endric, et après plusieurs exercices de corde et autres que ledit Endric lui a fait faire en notre présence et celle dudit Féry, nous avons ensuite procédé à la visite des oreilles et pattes de derrière d'icelui et par l'examen que nous en avons fait, présence comme dit est dudit Féry, qui l'a touché et manié plusieurs fois, nous avons reconnu seulement aux oreilles dudit singe deux petites duretés que nous ne pouvons pas juger si elles lui sont naturelles ou si elles procèdent de ce qu'il ait eu autrefois les oreilles percées, comme ledit Féry le prétend. Pareillement avons trouvé à la patte gauche de derrière d'icelui, sous l'un des doigts, une petite marque blanche que nous ne pouvons pas dire si elle est naturelle audit singe ou si elle procède d'une coupure telle que ledit Féry l'a allégué et le soutient encore. Et nous ayant ledit Féry requis d'observer que ledit singe a les deux dents d'en haut de devant fort larges, ledit Endric nous a dit que cette observation étoit inutile à faire, d'autant que ledit Féry par sa première demande verbale a avancé que ledit singe avoit deux dents cassées, et que d'ailleurs c'est une novation à ladite sentence susdatée qui n'a ordonné la visite que des oreilles et des pattes dudit singe ; lui ayant été facile de faire la remarque desdites dents tant dans les jeux qu'on lui a fait faire que dès une précédente visite.

|
See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |