l'heure avançoit et même celle du spectacle indiquée étoit passée et le public continuoit à faire du train dans le spectacle en demandant des musiciens et s'en alloit toujours en très-grande quantité en reprenant son argent à la porte, ce qu'il voyoit par lui-même en allant et venant à ce spectacle et en retournant à ce cabaret pour engager les musiciens à y aller. Qu'enfin, ayant vu dans le cabaret le chandelier fournisseur de ce spectacle qui avoit dans les mains une somme de 92 livres, les musiciens ont exigé que cette somme de 92 livres fût mise entre les mains de lui comparant pour sûreté de ce qu'elle leur seroit donnée s'ils alloient jouer. Que cette somme lui ayant été remise entre les mains, cela fut accepté de la part des musiciens, à l'exception d'un nommé Brion qui dit hautement qu'il ne sortiroit pas du lieu où ils étoient que ladite somme de 92 livres ne leur y fût donnée ; ce qui fut accepté de la part des autres. Et néanmoins comme lui comparant craignoit que ce ne fût subterfuge de la part desdits musiciens et que lorsqu'ils auroient eu reçu ladite somme de 92 livres ils n'aillent pas à l'orchestre ainsi qu'ils l'avoient promis, il prit le parti de remporter ladite somme de 92 livres en disant auxdits musiciens qu'il s'en alloit en remportant ladite somme et que, s'ils ne se rendoient pas à l'orchestre, on se pourvoiroit, et s'en alla effectivement au jeu en remportant ladite somme. Et lesdits musiciens s'y rendirent sur les six heures trois quarts et jouèrent en la manière accoutumée. Qu'étant ainsi audit spectacle avec ladite somme de 92 livres entre les mains, ledit sieur Fouré l'a requis de ne la point remettre aux musiciens parce que, lui a-t-il dit, il se proposoit de venir par-devant nous ce matin à l'effet de nous rendre sa plainte contre eux de ce qu'ils avoient manqué au public et à lui, ainsi qu'il vient de nous la faire. Pourquoi lui comparant remit à l'instant entre les mains dudit sieur Fouré la somme de 92 livres dont il a retiré décharge ; et, en sortant du spectacle, il a fait son rapport à son commandant de l'émeute publique d'hier au soir au spectacle dudit sieur Fouré et nous en fait la présente déclaration ce matin.
Signé : MAILLOT ; LEROI.
En conséquence avons renvoyé les parties à se pourvoir ainsi qu'elles aviseront bon être, etc., et du tout avons dressé le présent procès-verbal.
Signé : MAILLOT.
(Archives des Comm., no 3766.)
FOURNIER (ÉTIENNE-ROSE), née en 1747, actrice du spectacle tenu par un sieur de Neufmaison sur le boulevard du Temple en 1769.
Arrestation, interrogatoire et emprisonnement d'Étienne-Rose Fournier, femme de Jean-Louis Becquet, actrice chez le nommé Neufmaison, entrepre-

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