GAGNEUR (PIERRE-TOUSSAINT), né en 1733, acteur forain, faisait dès 1753 partie de la troupe des danseurs de corde de Restier et s'y distinguait à la foire Saint-Germain de 1754 en exécutant « le Grand saut mortel du ruban en arrière de la hauteur de sept pieds ». En 1762 il était attaché au spectacle de Nicolet, et en 1763 il était revenu chez Restier. En 1768, Gagneur était à la tête d'une troupe de sauteurs qui faisait ses exercices sur le boulevard du Temple, et en 1772 il était associé à Marie Valevaude, femme d'Antoine Travisani, directrice du spectacle des animaux sur le même boulevard.
(Journal de Paris, 7 février 1781.)
L'an 1772, le 16 décembre, onze heures du matin, en l'hôtel et par-devant nous Charles-Alexandre Ferrand, etc., est comparue demoiselle Marie-Françoise Bertaud, marchande lingère à Paris, épouse de sieur Pierre-Toussaint Gagneur, demeurant rue Jean-de-l'Épine, à l'hôtel du St-Esprit : Laquelle nous a rendu plainte contre le sieur Gagneur, son mari, demeurant rue du Faubourg-du-Temple, paroisse St-Laurent, et dit que, par le contrat de mariage passé devant Me Gillet et son confrère, notaires à Paris, le 25 novembre 1753, entre ledit Gagneur et ladite demoiselle Bertaud, il fut constitué en dot à ladite demoiselle par ses père et mère la somme de 1,500 livres en avancement d'hoirie de leur succession, savoir : 858 livres 15 sols en meubles, ustensiles de ménage, habits, linge et hardes à son usage, et 641 livres 5 sols que les sieur et dame Bertaud, ses père et mère, ont déboursées pour faire recevoir la plaignante marchande lingère à Paris : ledit contrat de mariage portant quittance de ladite somme de 858 livres 15 sols passée par ledit sieur Gagneur et son épouse en faveur des sieur et dame Bertaud, père et mère de la plaignante.
La plaignant, marchande lingère à Paris, en se mariant avec le sieur Gagneur, n'avoit eu d'autre intention que de suivre son commerce avec son mari ainsi qu'ils en étoient convenus expressément ensemble. Le sieur Gagneur, bien loin de se conformer à tout ce qu'il avoir promis à sa femme pour l'aider dans son commerce, un mois après leur mariage la quitta et fut habiter avec une fille surnommée l'Hongroise, qui étoit de la troupe des bateleurs du sieur Restier, à la foire St-Germain. Un soir il prit fantaisie au sieur Gagneur d'amener chez lui sa concubine pour y souper : la plaignante, sa femme, s'y opposa, ne voulant pas admettre à sa table cette concubine ; le sieur Gagneur maltraita sa femme en la frappant et ensuite tirant son épée contre elle, et après beaucoup de bruit et de scandale, la querelle se termina par l'enlèvement que fit le sieur Gagneur et son frère, le capucin, qui étoit avec lui, des hardes et effets dudit sieur Gagneur qu'ils mirent dans une malle et

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |