GERNOVICH (JEAN-MARIE), Italien de naissance, faisait voir en 1769, sur le boulevard, des animaux étrangers.
L'an 1769, le jeudi 11 mai, trois heures de relevée, est comparu en l'hôtel et par-devant nous Nicolas Maillot, etc., Charles Pouilli, sergent de la garde de nuit de poste à la porte du Temple : Lequel nous a dit qu'ayant été requis il s'est transporté sur le boulevard, au-devant de la porte d'un particulier qui fait voir un animal étranger, où il a trouvé plusieurs particuliers qui lui ont dit être jurés oiseleurs et vouloient saisir des perroquets que ledit particulier montreur d'animaux avoit chez lui. A laquelle saisie ce particulier s'opposoit. Pourquoi il les a tous amenés par-devant nous pour les entendre.
Signé : POUILLI.
Sont aussi comparus Jean-René Bourrienne, demeurant quai de la Mégisserie, et Antoine Vallin, demeurant quai Peletier, tous deux jurés actuellement en charge de la communauté des maîtres oiseleurs : Lesquels nous ont dit qu'ayant appris qu'au préjudice des statuts et règlemens concernant le commerce des maîtres oiseleurs, un particulier montrant des animaux sur le boulevard du Temple, faisoit commerce de différens oiseaux et en vend journellement à ceux qui veulent lui en acheter ; qu'hier, ayant vu qu'il en vouloit vendre à une dame qui étoit chez lui, ils étoient disposés à les faire saisir ; mais n'étant pas assez rassemblés ni en force pour pouvoir les saisir quoiqu'ils entendissent que ce particulier disoit à cette dame qu'il n'en donneroit pas un à moins de 14 louis d'or, ils se sont retirés et aujourd'hui ils y ont retourné en force et s'étant aperçus que quelqu'un étoit encore là et marchandoit des oiseaux perroquets, ils se sont mis en devoir de les saisir : mais, sur la difficulté que ce particulier a faite de les laisser saisir et la garde étant survenue, ils sont tous venus par-devant nous à l'effet de faire librement ladite saisie où deux perroquets en cage ont été apportés et qui sont ceux que ce particulier vouloit vendre.
Signé : VALLIN ; BOURRIENNE.
Est aussi comparu Jean-Marie Gernovich, montrant sur les boulevards du Temple, par permission de M. le Lieutenant général de police, des animaux étrangers, au public, dans une salle ou boutique en laquelle il demeure : Lequel nous a dit qu'il ne sait pourquoi les jurés oiseleurs veulent lui saisir deux perroquets rares qu'il a chez lui et qu'il montre au public ainsi qu'autres animaux. Qu'ils ont prétendu, cette après-midi qu'ils sont entrés chez lui, qu'il les présentoit en vente à des particuliers et particulières qui y étoient et qu'ils se sont mis en devoir de les saisir. Que lui, voyant ces particuliers seuls et qu'il ne connoissoit pas, n'ayant avec eux aucun commissaire, il a refusé de laisser faire ladite saisie, et la garde étant survenue, il est venu ainsi que lesdits particuliers et la garde par-devant nous pour s'expliquer. Et nous a

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