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de Laprairie, sa mère, rue Villedo, et qu'un jour cette petite fille en ayant été maltraitée, elle fit son paquet et se réfugia chez ledit sieur Audinot, son père. Enfin dépose qu'ayant suivi ledit Audinot et ladite femme Laprairie, il a toujours remarqué que ladite Mlle Audinot, nommée Eulalie, avoit reçu une éducation commune de ses père et mère et qu'il a toute la certitude possible que cette petite fille est la même que celle qu'il a tenue sur les fonts de baptême.

Signé : ALIZON ; JORON.

Sieur Jean Estève, chirurgien privilégié, demeurant à Paris, grande rue du faubourg Saint-Denis, paroisse Saint-Laurent, âgé de 60 ans, etc. : Dépose que depuis près de 40 ans il a toujours demeuré grande rue du faubourg Saint-Denis ; que là il a été dans le cas de faire connoissance avec tous les acteurs et actrices de l'Opéra-Comique, qui se tenoit à la foire Saint-Laurent. Qu'il y a pareillement connu ledit Audinot ainsi que ladite femme Laprairie, qui passoit pour sa femme ; que c'étoit vers l'année 1756. Que tous deux ont demeuré grande rue du faubourg Saint-Denis pendant huit à neuf ans. Que pendant ce tems-là il n'a cessé de les voir comme leur chirurgien. Qu'ils cohabitoient et vivoient ensemble dans la même maison comme mari et femme et qu'ils mangeoient à la même table. Qu'ils avoient avec eux dans la même maison une petite fille qu'ils appeloient Eulalie et qu'ils disoient être leur fille. Plus qu'il a connoissance que ladite femme de Laprairie a quitté la maison dudit sieur Audinot, au faubourg Saint-Denis, environ un an avant que ledit Audinot établit son théâtre sur le boulevard du Temple. Qu'il a continué jusqu'à ce jour d'être le chirurgien de tous deux. Qu'il a plusieurs fois saigné ladite femme de Laprairie dans l'appartement qu'elle a occupé rue Villedo en quittant ledit Audinot et qu'elle occupe encore actuellement. Qu'il y a vu ledit Audinot et croît y avoir vu la petite Eulalie. Qu'il a pareillement vu dans la maison dudit sieur Audinot ladite femme de Laprairie et ladite Eulalie Audinot. Plus dépose qu'il a entendu dire vaguement, environ un an avant que ladite femme de Laprairie eût quitté ledit Audinot, qu'ils n'étoient pas mariés et que le mari de ladite femme de Laprairie vivoit encore. Plus dépose que depuis ledit sieur Audinot et ladite femme de Laprairie lui ont dit plusieurs fois, chacun séparément, à titre de conversation, qu'ils n'étoient pas mariés ensemble quoiqu'ils eussent vécu longtems comme mari et femme. Plus que ledit Audinot lui a dit que ladite Eulalie Audinot étoit fille de lui et de ladite femme de Laprairie et enfin que ladite femme de Laprairie, demeurant actuellement rue Villedo, est la même qu'il a connue pendant huit ou neuf ans rue du faubourg Saint-Denis, sous le nom de madame Audinot, demeurant et vivant avec lui comme sa femme.

Signé : ESTÈVE ; JORON.

Messire Jacques-Amable de Bourzeis, docteur en médecine et conseiller aulique de Son Altesse sérénissime M. le Margrave régnant de Brandebourg,


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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