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IV

L'an 1776, le samedi 20 janvier, neuf heures et demie du soir, en l'hôtel et par-devant nous Jean-François Hugues, etc., est comparu sieur Louis-Marie Jouglas, garde des maréchaux de France, demeurant à Paris, rue du Bouloi, paroisse St-Eustache. Lequel nous a rendu plainte contre le sieur Audinot, entrepreneur du spectacle de l'Ambigu-Comique, et nous a dit que ledit sieur Audinot, en l'absence du comparant, qui étoit en l'île de Corse, il y a environ quatre ans, s'étant insinué chez l'épouse de lui plaignant, est parvenu par ses séductions à abuser de la femme du plaignant, et à débaucher la demoiselle Marie-Jeanne Jouglas, sa fille, alors âgée de quatorze ans, qu'il a emmenée hors de la maison paternelle ; que le plaignant, de retour de son voyage, ayant appris cette action, s'est pourvu par-devant le magistrat et a obtenu un ordre en vertu duquel il a fait mettre ladite demoiselle, sa fille, dans un couvent ; que cependant ledit sieur Audinot ayant vu le plaignant et l'ayant plusieurs fois assuré que son intention avoit toujours été d'épouser ladite demoiselle sa fille, le plaignant s'est laissé aller aux sollicitations dudit sieur Audinot qu'il crut de bonne soi, a fait sortir sadite fille du couvent et l'a fait revenir chez lui ; que ledit sieur Audinot lui rendoit visite de tems à autre et flattoit toujours le plaignant de la promesse de s'unir incessamment alors que les obstacles qui s'opposaient à ce mariage seroient levés ; que la convention du plaignant avec le sieur Audinot étoit que ladite demoiselle sa fille resteroit chez lui plaignant ou au couvent ; que néanmoins plusieurs fois ledit sieur Audinot, à l'insu du plaignant, emmenoit ladite demoiselle Jouglas chez lui ou à la campagne, ce qui a nécessité plusieurs fois le plaignant de la faire rentrer au couvent ; qu'enfin le sieur Audinot vient de lui donner la preuve la plus complète que son intention n'a jamais été d'épouser ladite demoiselle Jouglas, mais d'abuser de sa jeunesse, de la débaucher et vivre avec elle comme avec une concubine : le plaignant, rentrant chez lui il y a environ une demi-heure, a été fort étonné d'apprendre par sa domestique qu'étant allée chercher ladite demoiselle Jouglas qui étoit chez ledit sieur Audinot, ladite demoiselle Jouglas étoit venue avec elle accompagnée de la fille domestique dudit sieur Audinot et qu'étant chez le plaignant, elles avoient, nonobstant les représentations et oppositions de ladite domestique du plaignant, fait un paquet des hardes et effets à l'usage de ladite demoiselle Jouglas, qu'elles avoient emporté ; que le plaignant est aussitôt allé chez ledit sieur Audinot où il a trouvé sadite fille ; qu'ayant tiré ledit sieur Audinot à part, il lui a fait de justes reproches sur sa conduite indécente et les voies iniques qu'il employoit pour abuser, sous de feintes promesses, de la bonne foi du plaignant et a fini par lui dire de lui faire rendre à l'instant sa fille ; que ledit sieur Audinot lui a dit affirmativement que ladite demoiselle Jouglas ne retourneroit pas chez lui, qu'elle ne vouloit pas y aller et qu'elle étoit mieux chez lui sieur Audinot ; que même, 


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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