pagne sise au village de Cernai, ladite dame appelant leur fils âgé pour lors de trois ans, sur ce qu'il ne venoit pas assez vite, le sieur Audinot son père lui appliqua à l'instant un rude soufflet, ce qui alarma vivement la plaignante qui vola aussitôt au secours de son fils ; mais ledit sieur Audinot entra aussitôt en fureur contre elle plaignante et s'oublia au point de lui porter différens coups de poing sur le visage et d'autres parties du corps. Depuis cette époque, la plaignante n'a cessé d'être injuriée et outragée de différentes manières par ledit sieur son mari qui se répandoit journellement en invectives de toute espèce contre la plaignante qui n'opposoit que la douceur à une conduite aussi brutale, mais ces voies de fait ne se calmèrent pas. Il y a eu samedi dernier un mois, la plaignante rentrant chez elle sur les neuf heures du soir, elle trouva ledit sieur son mari qui l'attendoit et qui est entré comme un furieux dans la chambre de la plaignante, et sans que cette dernière y eût donné lieu, ledit sieur son mari la menaça de la frapper de la canne qu'il avoit à la main et elle n'eût pas pu échapper à l'effet de ses menaces si elle ne se fût sauvée dans les caves de sa maison, et que cejourd'hui, sur les onze heures du matin, la nommée Catherine, sa femme de chambre, est venue lui annoncer que le sieur Audinot venoit de s'emparer des clés de l'appartement que ladite plaignante occupe personnellement au premier étage de la maison où nous sommes ; qu'alors la plaignante s'est levée du lit où elle est actuellement et est descendue au premier étage et a cru de son côté pouvoir et devoir s'emparer des clés de l'appartement que ledit sieur son mari occupe aussi personnellement au premier étage de ladite maison où nous sommes, dans le corps de logis donnant sur la cour, c'est alors que ledit sieur Audinot, instruit du parti que venoit de prendre ladite dame plaignante se présenta à elle dans un excès de colère dont il n'y a pas d'exemple, lui disant qu'il alloit lui casser bras et jambes si elle ne lui rendoit les clés de l'appartement de lui sieur Audinot, à quoi ladite plaignante répondit avec tranquillité et douceur qu'elle étoit toute prête à les lui rendre, mais cependant qu'il ne les auroit que lorsqu'il auroit commencé à rendre à ladite dame plaignante les clés de son appartement. C'est alors que ledit sieur Audinot, sans rien écouter que son ressentiment de se voir contrarié ainsi, se porta vis-à-vis de la plaignante aux voies de fait et aux excès les plus violens au point qu'il lui donna un très-rude soufflet et lui porta différens coups de poing sur le visage et sur les bras, de manière qu'elle en est toute meurtrie, ayant, ainsi que nous l'avons remarqué et constaté à la requête expresse de ladite plaignante, une meurtrissure sur le tendon du nez, une égratignure à la lèvre supérieure au-dessous de la narine droite, une meurtrissure considérable sur la pommette de la joue droite et trois égratignures assez fortes au bras droit depuis le poignet jusqu'au coude ; qu'elle croît que ces différentes plaies, cicatrices et meurtrissures, lui ont été faites avec une clef que ledit sieur son mari tenoit à la main dans le tems qu'il lui faisoit essuyer tout le poids de ses violences. Nous avons de plus remarqué que ladite plaignante a le visage singulièrement bouffi et enflé, ce qui nous paroît provenir des coups qu'elle dit avoir reçus.

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |