130

une pièce, dont il est l'auteur, sans en avoir prévenu son directeur et sans avoir eu l'agrément de M. Lenoir (1). Pourquoi nous l'avons envoyé au For-l'Évêque.

(Archives des Comm., no 5022.)

V

L'an 1782, le samedi 2 mars, une heure de relevée, en l'hôtel et par-devant nous Benjamin Bourderelle, etc., est comparu sieur Pierre-Joseph Henry, conseiller du Roi, inspecteur de police : Lequel nous a dit qu'en vertu de l'ordre du Roi dont il est porteur, il vient d'arrêter une particulière rue du Temple, au coin du boulevard, distribuant publiquement une brochure ayant pour titre : le Désoeuvré, ou l'Espion du boulevard du Temple, imprimée à Londres sans nom d'auteur ni d'imprimeur ; laquelle particulière il a arrêtée à l'aide de la garde, commandée par le sieur Bocquin, sergent, au-devant de l'échoppe qu'elle occupe susdite rue, au coin du boulevard, et qu'il a conduit ladite particulière par-devant nous pour être ordonné ce qu'il appartiendroit.

Sur quoi nous commissaire, etc., avons procédé à l'interrogatoire de ladite particulière ainsi qu'il suit :

Premièrement avons enquis la particulière arrêtée de ses nom, âge, qualité, pays et demeure ?

Elle nous à dit, après serment par elle fait de dire vérité, se nommer Claudine Césarine, âgée de 27 ans, native de Paris, veuve de Jean-Joseph Henri, marchand de livres, demeurante rue de Lancry, maison du sieur Labady, peintre, où elle occupe deux chambres au deuxième étage sur le devant.

A elle demandé si elle n'a pas exposé en vente cejourd'hui à l'échoppe qu'elle occupe rue du Temple, au coin du boulevard, sous le balcon de Mme de l'Hôpital, des brochures intitulées : le Désoeuvré, ou l'Espion du boulevard du Temple, imprimées à Londres l'année dernière sans nom d'auteur ni permission ?

A répondu qu'il est bien vrai qu'elle a exposé en vente ledit ouvrage ce matin, non pas publiquement, mais au contraire secrètement.

A elle demandé si quelqu'un ne s'est pas présenté ce matin pour acheter ledit ouvrage, combien elle a voulu le vendre et si elle en a effectivement vendu ?

A répondu que les nommés Bordier et Picardeaux, acteurs du spectacle d'Audinot, se sont présentés à elle ce matin pour acheter ledit ouvrage et lui ont demandé combien elle vouloit le vendre, à quoi elle leur a dit qu'elle vouloit le vendre trois livres.

(1) On jouait ce soir-là à l'Ambigu-Comique, pour la réouverture du théâtre au boulevard après la foire Saint-Laurent, la 1re représentation de : la Pomme, ou le Prix de la beauté, mélodrame de Mayeur, précédé du Goutteux, pièce en deux actes.


Previous Home Next

Document location: http://.
Last modified: .
See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
This project is supported by the British Academy, the AHRB,
the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE)
and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom.
Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved.
barry@foires.net.