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selles Lachaux et Gonot, lesquelles lui auroient répondu qu'elles n'y étoient pas, quoique ce fussent elles-mêmes qui parlassent à lui plaignant ; que néanmoins elles le prioient de leur dire ce qu'il vouloit et qu'il n'avoit qu'à s'adresser à elles comme si c'étoit pour elles-mêmes. A quoi le plaignant leur auroit dit qu'il étoit chargé de deux billets passés à l'ordre de Lazare d'Alsace, marchand bijoutier de Metz, sur lui plaignant, savoir un de 96 livres pour valeur reçue comptant, signé de la demoiselle de Lachaux, et l'autre de 90 livres pareillement pour valeur reçue comptant, signé de la demoiselle Gonot, lesdits billets ayant été donnés à lui plaignant par ledit sieur Lazare d'Alsace en payement de plusieurs marchandises qu'il lui a vendues et livrées, et que lui plaignant venoit pour recevoir le montant de ces deux billets. Sur quoi lesdites demoiselles Lachaux et Gonot auroient demandé à lui plaignant la communication de ces mêmes billets, pour voir si véritablement ils étoient signés d'elles ; que lui plaignant a eu la facilité de les prêter entre les mains desdites demoiselles Lachaux et Gonot qu'il ne croyoit pas capables de lui faire tort. Mais, malheureusement pour lui, lorsque lesdites demoiselles Lachaux et Gonot ont eu lesdits billets entre leurs mains, elles en ont pris chacune un, et après avoir vu que c'étoit à elles qu'ils s'adressoient, elles les ont déchirés sur-le-champ en morceaux, en disant à lui plaignant : « Tenez, vous voilà payé ! » Sur quoi lui plaignant leur auroit dit, en présence de deux témoins qui sont prêts d'affirmer et qui étoient chez lesdites demoiselles Lachaux et Gonot, qu'il alloit sur-le-champ porter plainte chez nous commissaire et cependant a eu la précaution de se jeter par terre pour ramasser partie des morceaux desdits billets dans lesquels nous avons remarqué dans un desdits morceaux le nom de Lachaux et l'extrémité d'un autre nom avec un paraphe sur un autre morceau de papier déchiré avec plusieurs morceaux desdits billets faisant mention de différens termes. Dont et de ce que dessus il nous requiert acte.

Signé : CADOT ; ROSSARD-MAYER.

Et ledit jour jeudi 14 avril 1740, sept heures du soir, est encore comparu le sieur Rossard-Mayer : Lequel nous a dit qu'il y a environ une demi-heure, passant par la rue St-Honoré, il a été appelé par une demoiselle qui étoit à une fenêtre du troisième étage de la maison ci-dessus désignée, et ayant remarqué que c'étoit la demoiselle Lachaux, une de celles qui lui avoient déchiré sesdits billets, et ayant monté au troisième étage sur le devant, il auroit été invité par lesdites demoiselles Lachaux et Gonot de recevoir un nouveau billet de chacune d'elles et semblables à ceux qu'elles lui avoient déchirés, le priant de vouloir bien ne pas faire éclater ce qui s'étoit passé et qu'il eût la bonté de leur faire faire une décharge de la plainte qu'il venoit de rendre contre elles ; qu'en effet elles lui auroient fait chacune un billet, savoir de la part de la demoiselle Lachaux de la somme de 96 livres, et de la part de la demoiselle Gonot de la somme de 90 livres pareillement payable à ordre, lesdits billets datés du 29 mars présente année. Sur quoi lui plaignant leur


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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