tateurs au point qu'ils commencèrent par lui crier : Plus haut ! et finirent par la huer. Outrée, elle promit de ne plus mettre le pied sur le théâtre, et on ne s'est pas encore aperçu de cette perte. » Voilà pour l'artiste. Quant à la directrice, elle est ainsi dépeinte : « Elle ne joue plus et s'est retirée, quoique ses attraits le fussent depuis longtems..... Cette créature haute et fière, oubliant qu'elle a raccommodé des bas dans un tonneau, comme la belle Margot, ne vous rend jamais le salut que vous êtes assez sot de lui donner, feint par ton d'avoir l'ouïe dure, a l'impudence de se mettre dans une loge de son spectacle et d'y lorgner le public, assottée de sa figure et se croyant accomplie ..... » Et plus loin : « A force d'observer, de faire des recherches et d'écrire, me voici pourtant au but après lequel j'aspire depuis si longtems. Ami lecteur, c'est ici que j'ai besoin de toute ton attention. Suis-moi avec exactitude et tu vas connoître entièrement cette directrice si vaine, si fière, cette Margot parvenue que je n'ai dépeinte qu'imparfaitement dans mon premier volume, et dont je n'aurois pas parlé dans celui-ci, sans la petite raison que j'ai de m'en plaindre, et voici mes griefs. Lorsque méchamment et comme mal avisé, je conçus le projet odieux de démasquer tous les histrions du boulevard, et que le fruit de ce projet fut mûr, Mme de Nicolet, furieuse, de concert avec la célèbre Jeannette Jouglas (Mme Audinot), furent en robes traînantes et en garnitures à la duchesse, escortées du fameux François, receveur de billets, domestique, cuisinier, garçon de théâtre et espion ad honores de Nicolet, chez le sage magistrat qui regarde les abus de ce pays comme un mal nécessaire. Elles se répandirent en invectives contre moi : « Où sont les moeurs ? » disoient-elles à M. Lenoir, qui sait bien qu'elles n'en ont jamais eu et n'en auront jamais ; « qu'est devenu le bon ordre ? Eh ! sera-t-il donc permis de dévoiler impunément des vérités qui nous humilient et que nous cherchons à ensevelir dans l'ombre du mystère ? Ah ! livrez le traître à notre fureur !.. » M. le Lieutenant de police, qui jouit d'un discernement incontestable, rit de leurs imprécations, et loin de seconder leur grandeur apparente,

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