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pour leur faire prêter ladite fortune sur l'obligation solidaire tant de lui et de sa femme que desdits Pirard et Honoré et de leurs femmes. Lors du prêt de laquelle somme, dont l'acte a été passé il y a environ un mois par-devant notaires, ledit Pirard fit son billet sous seing privé audit plaignant portant promesse de l'associer avec lui pour moitié dans sa moitié audit Opéra-Comique et de lui en passer acte de société par-devant notaires toutes fois et quantes. Sur le fondement duquel écrit et de l'emprunt par eux tous solidairement fait desdites 4,000 livres pour fournir aux avances qu'il convient faire pour ledit Opéra, ledit plaignant se regardait comme associé desdits Pirard et Honoré comme en effet il le doit être. Il a en particulier fourni et avancé pour ladite société jusqu'à concurrence de la somme de 308 livres tant en argent que vin en bouteille et repas donnés à des acteurs qu'il a fallu choisir et attirer pour jouer audit Opéra, ce qu'il n'a fait que de concert avec ledit Pirard dont il a même un billet qui est écrit, signé de lui, daté du 3 mai dernier, par lequel entre autres choses il le prie de lui envoyer un louis d'or pour achever de payer une somme de 250 livres à un acteur. Depuis toutes ces choses ainsi faites, le plaignant ayant sollicité ledit sieur Pirard de lui donner un acte en forme de ladite société passé devant notaires, conformément à la promesse de son écrit sous seing privé, et un état qu'il lui avoit promis tant de l'emploi par lui fait desdites quatre mille livres qui ont été empruntées pour ledit Opéra que des autres dépenses faites pour ledit sujet, ledit Pirard auroit attiré chez lui ledit plaignant il y a deux à trois jours sous prétexte de lui donner satisfaction ; où étant avec sa femme, sans avoir aucune méfiance dudit Pirard ni de sa femme qu'ils ne croyoient pas capables de commettre l'action ci-après dite, ladite femme Pirard ayant demandé audit plaignant à voir le billet que son mari lui avoit fait pour l'intéresser dans ladite société, ledit plaignant auroit aussitôt tiré de sa poche ledit billet et l'ayant présenté à ladite femme Pirard, icelle femme l'a dans l'instant déchiré et lacéré en morceaux, ce qui auroit fort surpris ledit plaignant et sa femme ; lesquels étant tout émus d'une pareille action, ledit Pirard, pour suspendre dans ce moment l'esprit du plaignant et l'empêcher de se porter à quelque extrémité violente où quelque autre moins prudent que lui auroit pu se porter, lui dit qu'il étoit honnête homme et que quoique ledit billet fût déchiré, il ne seroit pas moins associé avec lui et qu'il lui donneroit satisfaction sur cela, ce que ledit sieur Levié croyant encore volontiers lors, il auroit différé de nous en porter plainte. Et comme ledit sieur Pirard persévère toujours dans le refus de lui donner ledit acte de société avec l'état qu'il lui a promis de tous les emprunts et créances qui ont été faits pour ladite société auxquels il est prêt de contribuer pour sa part et portion, il a été conseillé de nous rendre contre lui la présente plainte.

Signé : LEVIEZ ; LANGLOIS.

(Archives des Comm., no 4531.)


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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