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espèce de pièce ; ils espéraient que ces parades paraîtraient inoffensives à leurs ennemis ; ils se trompaient. Ces derniers, furieux de voir la foule se rendre aux théâtres forains et y applaudir des choses informes, résolurent d'en finir à tout prix avec ces entêtés qui leur enlevaient leurs spectateurs, et le 15 janvier 1704 ils obtinrent une sentence du lieutenant de police qui interdisait absolument ce nouveau genre de spectacle. Les Comédiens forains en appelèrent au Parlement ; c'était leur ressource habituelle, et la lenteur des procédures à cette juridiction leur permit de continuer leurs représentations pendant les foires Saint-Germain et Saint-Laurent de 1704 et de 1705. A la foire Saint-Germain de 1706, les Comédiens français, exaspérés de ne pouvoir en finir avec des adversaires aussi tenaces, s'adressèrent de nouveau au lieutenant de police qui, le 19 février et le 5 mars, rendit deux sentences interdisant à la veuve Maurice, à Alexandre Bertrand, à Christophe Selles et à Gilles Tiquet de jouer aucune comédie, les condamnant chacun à 300 livres de dommages-intérêts envers les Comédiens français et à 20 livres d'amende envers le Roi. Les sentences portaient en outre qu'en cas de contraventions nouvelles, il serait loisible aux Comédiens français de démolir le théâtre de celui qui s'en serait rendu coupable. Pour conjurer l'orage qui les menaçait, la veuve Maurice, Bertrand et les autres eurent l'idée de se mettre sous le patronage d'un puissant prince de l'Église, dans l'espérance que le Parlement alors se montrerait moins rigoureux ; ils firent appeler de ces sentences par le receveur des revenus de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, en lui faisant alléguer que l'interdiction faite aux Comédiens forains de représenter aucune pièce sur leurs théâtres causait un préjudice énorme au cardinal d'Estrées, abbé de Saint-Germain-des-Prés et propriétaire des terrains où leurs théâtres étaient construits. Ils firent même tant et si bien que le cardinal lui-même intervint au procès pour revendiquer les franchises de la foire. Quant à eux, parties intéressées, ils durent faire de leur côté une requête d'intervention. Le tout fut joint. Mais décidément les forains n'avaient pas de bonheur, car


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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