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leurs billets, leur auroit dit des injures et dit d'attendre. Que, voulant le réprimer de paroles, une femme qu'ils ont appris se nommer St-Edme et être maîtresse dudit jeu, a pris le parti dudit commis en leur disant : « Qui sont donc ces messieurs ? Ne diroit-on pas que c'est quelque chose de grand ! » Et qu'ils faisoient bien les insolens. A quoi ledit sieur Berci de Charenton lui a demandé qu'est-ce qu'elle vouloit et qu'ils ne parloient pas à elle. Ladite St-Edme ayant encore répété le mot d'insolent, ledit sieur de Charenton l'avoit à la vérité appelé b..... et qu'elle s'allât promener ; mais que ladite St-Edme, au lieu de se contenir, auroit eu l'insolence de donner audit sieur Berci de Charenton un soufflet dont il a saigné des dents, ce qui l'a mis fort en colère et que sans ledit sieur de Berci, son frère, il auroit voulu en avoir vengeance. Que ledit sieur de Berci ayant demandé ledit sieur Figuier, lui sieur Dumantel seroit survenu. Et ledit sieur Figuier, qu'étant arrivé dans le préau après ce bruit, le sieur de Berci est venu à lui et lui a demandé à qui il falloit s'adresser pour avoir justice de l'insulte que la femme dudit St-Edme venoit de lui faire et à son frère, auquel la femme dudit St-Edme avoit eu l'insolence de donner un soufflet. Et lui ayant répondu qu'il falloit s'adresser à nous commissaire pour s'en faire rendre justice par M. de Machault, lieutenant général de police, lesdits sieurs de Berci frères et Maulevrier auroient été au jeu du sieur Alard. Que lui sieur Figuier et Dumantel s'étant enquis à différens particuliers qui s'étoient trouvés à ce bruit, comment ce bruit s'étoit passé et à quelle occasion il étoit arrivé, ils ont appris desdits particuliers que mesdits sieurs de Berci et de Maulevrier, n'ayant pu se placer sur le théâtre ni dans les loges dudit jeu du sieur St-Edme, sont descendus à la porte où ledit sieur de Berci de Charenton a redemandé des billets pour sortir et aller retirer son argent. Que au lieu par un des portiers qui délivre lesdits billets de lui rendre de bons billets, il lui en auroit donné d'autres et que ces messieurs ayant été au bureau pour retirer leur argent, la femme qui est dans le bureau leur a dit qu'il falloit d'autres billets pour qu'elle pût rendre l'argent. Que ledit sieur de Berci de Charenton ayant retourné à la porte, il a redemandé d'autres billets à un des portiers lequel, au lieu de lui rendre d'autres billets, lui a répondu insolemment en lui disant qu'il se donnât patience ; ce qui a fait que ledit sieur de Charenton s'est emporté contre lui. Ladite St-Edme a pris le parti de son portier et avec arrogance a dit : « On voit bien que ces messieurs-là ne sont pas des gens de qualité, car ils sont bien insolens. » Auxquelles paroles ledit sieur de Charenton a dit à la dame St-Edme qu'elle étoit une b..... : dans lequel instant ladite St-Edme a donné un soufflet audit sieur de Berci de Charenton dont il saignoit des dents. Ledit sieur de Berci de Charenton étant demeuré interdit de cette insulte et ayant cependant dit quelques paroles injurieuses à ladite femme St-Edme, ledit sieur St-Edme, son mari, qui est survenu, s'est emporté contre ledit sieur de Charenton en disant : « Je voudrois bien connoître ces petits messieurs-là. » Auxquelles paroles ledit sieur de Charenton ayant voulu mettre l'épée à la main, il en a été empêché par son frère pour éviter de plus grands


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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