4

II

Vendredi 2 septembre 1785.

Claude Seigné, caporal de la garde de Paris, a arrêté Claude-Augustin Gémont, acteur de l'Ambigu-Comique, à la réquisition du sieur Parisau, pour lui avoir manqué et lui avoir dit des injures (1). A l'hôtel de la Force. Il a été relaxé.

(Archives des Comm., no 5022.)

III

L'an 1789, le mardi 15 décembre, heure de midi, en notre hôtel et pardevant nous Jean-Jacques Grandin, etc., est comparu sieur Jacques-Alexis Jacob, marchand orfèvre à Paris, y demeurant rue de l'Arbre-Sec, paroisse St-Germain-l'Auxerrois : Lequel nous a dit et déclaré que ce matin sur les huit heures le sieur Jaymond, acteur de la troupe du sieur Audinot, dont il ignore la demeure, est venu le voir, et au bout de quelques instans de conversation il a demandé au comparant qui avoit arrangé les affaires après le décès du sieur Balthazar Jaymond, son oncle, et beau-père du comparant ; ce dernier lui a répondu que c'étoit lui qui avoit fait apposer et lever les scellés et procéder tant à l'inventaire qu'à la vente. Ledit sieur Jaymond lui a ensuite demandé qu'étoient devenus ses effets, en disant qu'il avoit laissé en dépôt chez ledit feu sieur son oncle des hardes et de l'argent. Ledit sieur Jacob lui a répondu qu'il ne savoit pas ce qu'il vouloit lui dire, qu'il n'avoit pas vu de hardes à lui appartenantes dans la maison du défunt, ni aucun papier ou autre qui indiquât que ledit feu sieur Jaymond eût en dépôt chez lui audit sieur son neveu des hardes ou de l'argent ; qu'au surplus lui comparant étoit tout prêt à lui restituer ce qu'il réclamoit en représentant toutefois des reconnoissances du défunt, qui mettoit le plus grand ordre dans ses affaires. Alors le sieur Jaymond s'est emporté comme un furieux, en jurant et sacrant, et a menacé le comparant de lui brûler la cervelle et de se la brûler ensuite à lui-même. Le comparant, pour tâcher de le calmer, l'a fait monter auprès de son épouse et l'a engagé de s'expliquer tranquillement. Ladite dame Jacob lui a fait les mêmes observations que son mari, en ajoutant qu'elle avoit toujours connu ledit feu sieur Jaymond dans 1'usage de donner des reçus des

(1) Parisau, qui remplissait les fonctions de régisseur à l'Ambigu-Comique, avait fait des observations à Jaymond sur ce qu'il arrivait trop tard au théâtres ce qui faisait murmurer le public. A ces justes reproches Jaymond répondit par un torrent d'injures. On jouait ce soir-là à l'Ambigu : Lucy, ou la Fille soldat, pantomime de Parisau ; l'Enthousiaste ; le Portefeuille et le Goûter, ou Un bienfait n'est jamais perdu.


Previous Home Next

Document location: http://.
Last modified: .
See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
This project is supported by the British Academy, the AHRB,
the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE)
and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom.
Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved.
barry@foires.net.