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A lui représenté une bague d'une pierre verte entourée de pierres blanches fausses montées en cuivre ; interpellé de la reconnoître pour s'être trouvée sur lui lors de sa capture et de nous déclarer d'où elle lui provient ?

A dit qu'il la reconnoît pour s'être trouvée sur lui lorsqu'il a été arrêté. Qu'elle lui a été donnée par ledit Marolles lorsqu'ils logeoient ensemble rue St-Honoré. Qu'il a prêté audit Marolles une paire de boucles à pierres montées en argent, et payé pour lui 10 livres à un cordonnier rue St-Nicaise, qu'il ne lui a pas rendu lesdites dix livres ni ses boucles. Qu'il a cru ledit Marolles honnête homme. Que ce dernier lui a dit qu'il avoit 2,400 livres de rente, qu'il avoit une tante dans la rue St-Honoré dont il espéroit plus de 20,000 livres et qu'il étoit connu de tout le quartier.

Interrogé s'il n'a pas vu ledit Marolles porter à la boutonnière de son habit soit un ruban noir de croix de Malte, soit un ruban de croix de St-Louis ?

A dit que non.

S'il a été en prison ?

A dit qu'il y a été une fois pour avoir manqué au spectacle.

Signé : FERRAND ; TALON.

Second interrogatoire de Claude-Jacques Talon.

Du 5 décembre 1776.

Avons fait venir de la prison du grand Châtelet le nommé Talon : Lequel après serment a dit se nommer Jacques Talon, âgé de 18 ans, natif de Paris, comédien, demeurant rue Notre-Dame-de-Nazareth.

Interrogé si au mois de juin dernier, un dimanche, il n'a pas entré chez Ramponeaux, marchand de vin à Clichi. Si, sous le prétexte qu'il attendoit du monde, il n'a pas demandé six couverts d'argent qu'il a emportés furtivement ?

A dit qu'il n'a jamais vu ce marchand de vins et ne sait ce qu'on veut lui dire.

A lui remontré qu'il est positivement reconnu par la domestique qui lui a servi lesdits six couverts et que l'autre procès dans lequel il est inculpé avec Marolles de vols de pareille nature, le rendent justement suspect de ce vol ?

A dit qu'il est vrai qu'une femme, qui est venue à la prison, a dit le reconnoître et qu'il est persuadé qu'elle se rétractera et dira qu'elle l'a pris pour un autre. Qu'il est innocent de ce vol et l'est pareillement de tous ceux dont on l'accuse avec Marolles.

S'il a jamais été en prison ?

A dit qu'il y est détenu pour l'affaire de Marolles (1).

Signé : TALON ; BACHOIS.

(Châtelet de Paris, no 10373.)

(1) Le Châtelet condamna Marolles aux galères et Talon à un plus ample informé de trois mois pendant l'espace duquel il demeurait libre, mais à la charge de se représenter. Il en appela au Parlement qui, le 11 mars 1777, le condamna à un plus ample informé de six mois et à tenir prison pendant ce temps. Au bout des six mois, il fut mis en liberté par arrêt du 20 septembre 1777.


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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