fers, pièce représentée au mois d'octobre de la même année. Malheureusement, l'année suivante, les voisins de Torré se plaignirent du danger auquel les exposait le voisinage d'un pareil spectacle, et l'autorité, leur donnant raison, en exigea la suppression. Ce fut alors que Torré (1768) s'imagina d'ouvrir un nouveau spectacle dans le goût du Waux-hall de Londres. Il l'appela les Fêtes foraines, mais le public le nomma toujours le Waux-hall de Torré. C'était un établissement réunissant divers genres de distractions, telles que décorations brillantes, illuminations, concerts, mâts de cocagne au haut desquels pendaient des jambons et saucissons, prix du vainqueur, scapinades ou danses pantomimes exécutées par des hommes enfermés dans des sacs, et surtout des boutiques de futilités tenues par une collection de jolies femmes choisies avec soin. A tous ces divertissements Torré ajouta encore la représentation de courtes scènes de parade jouées sur un petit théâtre par des acteurs assez bons et qui furent très-applaudis. A mesure que les recettes augmentaient, l'entrepreneur des Fêtes foraines ajoutait quelque embellissement nouveau à son Waux-hall, auquel il donna bientôt le nom de Fêtes de Tempé, et qu'il ouvrit avec une magnificence inouïe le 24 mai 1769. Le récit de cette soirée nous a été transmis par un contemporain et voici en quels termes il en est parlé dans les Mémoires secrets : « 24 mai 1769. Tous les princes du sang, tous les ministres, les principaux magistrats chargés de la police de Paris, se sont rendus hier à minuit chez le sieur Torré dont le spectacle devoit s'ouvrir aujourd'hui sous le nom des Fêtes de Tempé ; on a fait un essai de l'illumination et du coup d'oeil qui en résulteroit. Il paroît que cet artiste ingénieux a eu les suffrages des grands du royaume et a reçu une approbation générale. Le public a vu avec une satisfaction complète le gouvernement s'intéresser à ses plaisirs et les hommes d'État les plus occupés se dérober à leurs travaux importans pour veiller sur cette partie de l'administration, qui en étoit une essentielle chez les Romains et que ne dédaignoient pas les sages et les héros.
« Ce spectacle s'est ouvert en effet ce soir avec le concours qu'at-

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