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LEMERCIER, directeur du spectacle des Variétés-Amusantes en société avec Malter et Hamoire en 1779, dépossédé en 1785 par Gaillard et Dorfeuille.

Sur la requête présentée au Roi étant en son Conseil par le sieur Lemercier, ancien officier chez Sa Majesté, contenant qu'il ne peut être que le suppliant demeure plus longtems dans la plus extrême des détresses quand toute sa fortune est entre les mains de ses adversaires ; il est au moins juste que dans cet état fâcheux il obtienne une provision alimentaire jusqu'au jugement des contestations d'entre les parties.

Le suppliant possédoit avec les sieurs Malter et Hamoir l'entreprise du spectacle des Variétés-Amusantes. Le sieur Lécluse, qui exploitoit ce spectacle avant eux, étant hors d'état de se soutenir, ces trois particuliers furent agréés par le Gouvernement pour en être chargés. Il fallut pour cela commencer par payer au sieur Lécluse une somme de 44,261 livres dont il s'étoit endetté dans son entreprise et lui faire une rente du pension sur le spectacle de 4,000 livres par année. Tout cela fut arrêté sous l'autorité du sieur Lieutenant général de police par acte passé par-devant notaires à Paris, le 6 août 1780. Le suppliant et ses associés entrèrent en conséquence en possession du privilége des Variétés. D'un spectacle trivial et populaire qu'il étoit, ils l'élevèrent à un rang distingué dans son genre, tant par le choix des pièces qu'ils achetèrent des meilleurs auteurs, que par les acteurs qu'ils y employèrent, par les salles mêmes qu'ils firent construire. Les sieurs Malter, Hamoir et Lemercier firent dans le même instant édifier trois salles très-belles avec la plus grande célérité aux foires St-Germain et St-Laurent et sur les boulevards, qui leur coûtèrent près de 250,000 livres. Ils achetèrent ou louèrent les terrains de toutes ces salles moyennant d'autres sommes très-grossés tant en payemens faits sur-le-champ qu'en pensions et loyers. Les trois théâtres bâtis, il fallut les monter en décorations, en habillemens pour les acteurs dont les comptes des caissiers, pendant qu'ils ont tenu ce spectacle, montent à 82,870 livres 4 sols 2 deniers ; leurs pièces jouées dans le même tems montent, suivant les autres comptes de cette partie, à 34,300 livres. Bientôt ce spectacle devant tellement en vogue que l'Académie de l'Opéra crut devoir le mettre à contribution, d'abord au payement de 12 livres par jour et ensuite de 36 livres et dont aujourd'hui elle retire 30,000 livres, par le nouveau bail qu'elle en a fait depuis l'attribution que Sa Majesté lui en a donnée. A cela fut jointe l'obligation de donner le quart du produit net pour les pauvres, ce qui a produit au delà de 50,000 livres par an à l'Hôpital général. C'étoit assurément une des plus étonnantes créations et des plus utiles qu'il fût possible de faire en aussi peu de tems, avec autant de succès. Cependant l'on doit penser que la fortune des trois associés ne put remplir sur-le-champ autant de dépenses ; il fallut devoir aux entrepreneurs et ouvriers. L'on fit des arrangemens avec eux à ce sujet par actes des 6 et 8 mars 1781 et 16 juillet


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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