de l'École, en une baraque roulante appartenant au sieur Hachard ci-après nommé, et encore contre ledit Hachard et dit que, suivant les conventions verbales d'entre lui plaignant et ledit Beckman qui furent que lui Magito seroit chargé dudit enfant pour l'amener et le faire voir an public à Paris et en route et que les bénéfices, ensemble ceux des comédies que représenteroit ledit Magito seroient partagés par moitié ; qu'ensuite lui Migito seroit engagé de remettre ledit enfant dans son pays et dans sa famille. Le plaignant étant, avec son frère et sa femme et ledit Enfant gras, qui lui avoit été confié, parti de Hollande au mois de décembre dernier pour se rendre en France, et ayant séjourné à Anvers où ledit Beckman l'est venu joindre avec sa fille six semaines ou environ après, lui Magito a fidèlement partagé avec Beckman père les émolumens tant de l'Enfant gras que des représentations de comédies et jeux faits par le plaignant et son frère en ladite ville d'Anvers, et étant tous arrivés à Paris pour l'ouverture de la foire St-Germain dernière, ils s'y sont établis et ont continué à faire voir ledit Enfant gras et jouer par le plaignant et son frère leurs comédies et voltigemens de corde, le tout roulant sur le compte du plaignant qui, pour cet effet, a loué les baraques à ladite foire, payé tous les frais d'icelles en pauvres, pain béni et autres suivant les quittances qu'il en a retirées, en sorte qu'il n'y avoit et n'y a encore actuellement d'autre propriétaire connu dudit enfant que lui.
Après la clôture de ladite foire, il a voulu s'en retourner avec son frère et ledit Enfant gras en Hollande où sondit frère, comme comédien, avoit des engagemens pour la Haye et autres villes de Hollande ; mais Beckman lui ayant représenté qu'ils pouvoient gagner gros en restant à Paris pour continuer d'y faire voir ledit Enfant gras ; qu'à cet effet ils s'établiroient sur ledit quai de l'École en une baraque roulante appartenant audit Hachard et qu'il s'associeroit avec eux, le plaignant y ayant consenti et sous la promesse du traité ci-après, laissa partir son frère seul, ce qui lui a fait un préjudice de plus de trois mille livres.
Suivant les propositions de Beckman, il fut fait, le 20 mars dernier, un écrit entre eux, le plaignant et ledit Hachard, portant société, par lequel écrit il est dit que Hachard fournira la baraque, les frais autour d'icelle, la permission de faire valoir ladite société dans laquelle il résultera un quart à son profit, sans être tenu d'aucuns frais, et que lesdits plaignant et Beckman seront libres de partir quand ils voudront, sans pouvoir quitter Hachard que pour leur départ et non pour s'associer avec un autre.
En conséquence de cet écrit, le plaignant a continué jusqu'à ce jour comme auparavant et a rempli les conditions y portées.
Au préjudice de ces conventions par lesquelles Hachard ne peut non plus faire aucune autre société, le plaignant, qui comptoit se rendre auprès de son frère en Hollande avec ledit Beckman, suivant sa parole lors dudit écrit de société, a été surpris d'apprendre que, par l'infidélité la plus caractérisée, Hachard, dans l'intention de frustrer le plaignant des gains et bénéfices de cette société et de l'en évincer, s'est accordé, il y a environ huit jours,

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