suivant 1'usage, devoit être au moins de 15 ans, ils ont acheté, avec la permission du ministère et du sieur Lieutenant général de police, une maison et un terrain rues de Bondi et de Lancri, pour y construire une salle. Elle fut, en effet, construite et ils s'en servoient utilement lorsque l'Opéra ayant été établi à la porte St-Martin, il leur fut ordonné de ne pas se servir de leur salle rues de Bondi et de Lancri les jours de l'ouverture de l'Opéra et de ne se servir, ces jours-là, que de leur salle à la foire St-Germain, qui ne tenoit pas alors et qui, conséquemment, n'étoit pas fréquentée. Pour faire cesser cet inconvénient funeste pour le spectacle, le suppliant et ses associés ont été obligés de prendre à bail la salle des Élèves de l'Opéra et de vendre, à vil prix, leur terrain et leur salle rues de Bondi et de Lancri. Le bail de la salle des Élèves est du 24 avril 1784, pour neuf ans ; le sieur Lieutenant général de police l'a approuvé de sa signature. On conçoit assez que les constructions, les décorations de ces trois salles et les habits des acteurs pour chaque rôle, doivent avoir coûté beaucoup : aussi les ouvriers et les fournisseurs ont-ils accordé de longs termes pour les payemens, sans doute en considération de l'excès qu'ils ont mis dans leurs mémoires et par considération pour le suppliant et ses associés qui s'étoient réduits à ne toucher que chacun 1,000 1. par année jusqu'à ce qu'ils fussent payés. Ce n'étoit pas assez d'avoir pourvu aux emplacemens et aux décorations, il falloit des pièces et des acteurs. Le suppliant et ses associés savoient que leur spectacle ne seroit goûté et suivi qu'autant que les pièces seroient bonnes, honnêtes, décentes et que les acteurs auroient des talens ; ils n'épargnèrent rien pour remplir ces deux objets. Aussi voit-on qu'ils ont payé aux auteurs 50,000 1. et que les appointemens des acteurs montoient annuellement de 72 à 75,000 1. Tant de sacrifices soutenus de beaucoup de zèle et de complaisance pour le public, ne purent manquer d'avoir un brillant succès. Le public satisfait se portoit en foule aux Variétés-Amusantes. Les recettes étoient considérables. Le suppliant et ses associés auroient liquidé leurs dettes en très-peu de tems ; mais Sa Majesté ayant fait ordonner qu'il seroit payé à l'Opéra d'abord 12 livres, ensuite 36 1ivres par chaque représentation, et ensuite aux hôpitaux le quart de toute la recette même sans déduire aucune des dépenses, cette double perception montoit par chaque année, la première à plus de 12,000 l., la seconde à plus de 51,000 1. Néanmoins, le suppliant et ses associés voyoient encore d'assez près le terme où ils devoient avoir satisfait leurs créanciers lorsqu'il plut à Sa Majesté, par lettres patentes du 18 juillet 178l, d'accorder à l'Académie royale de musique le privilége exclusif d'exercer et faire exercer tous les théâtres forains ; mais, en lui accordant ce privilége, l'intention de Sa Majesté n'étoit certainement pas qu'elle profitât des dépenses qu'avoient faites les propriétaires de ces spectacles. Tout annonce au contraire que la volonté de Sa Majesté étoit qu'ils fussent indemnisés. Le sieur Gaillard, ci-devant chanteur aux Italiens, et le sieur Dorfeuille, lassés d'avoir inutilement couru la fortune sur les théâtres de Lyon et de Bordeaux dont ils ont été alternativement les directeurs, voulurent essayer s'ils ne seroient pas plus heureux

|
Document location:
http://. Last modified: . See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV , The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |