donner qu'on laissât entrer ledit gardien pour faire ladite recette. Que ce sergent a répondu audit sieur Wolff qu'il ne pouvoit donner cet ordre, mais qu'il alloit en avertir son officier. Qu'effectivement il a envoyé chercher cet officier, lequel étant arrivé sur les six heures du soir et ledit sieur Wolff lui ayant expliqué le sujet de son transport et requis même son appui à la commission dudit gardien et lui faire donner l'entrée de ladite recette, il a répondu audit Wolff qu'il ne pouvoit rien prendre sur lui, mais qu'il en référoit à nous commissaire chargé de la police dudit spectacle ; et qu'il alloit nous envoyer chercher et que, jusqu'à ce que nous fussions arrivé, il alloit donner consigne à la sentinelle de ne point laisser sortir l'argent de ladite recette à la considération de qui il appartiendroit. En conséquence, ledit sieur Wolff requiert qu'à l'instant même, en notre présence, nous lui donnions tout secours et donnions les ordres nécessaires à la garde, afin que ledit Lelièvre, son gardien, puisse toucher la recette du spectacle de cejourd'hui pour en faire le dépôt.
Signé : WOLFF.
A l'instant est aussi comparu sieur François-Hyacinthe Guislain Cressent de Bernaut, administrateur général, nommé par jugement du conseil, du spectacle dont il s'agit pour le compte des intéressés qui composent la compagnie de ladite entreprise, demeurant ledit sieur de Bernaut à Paris, rue Saint-Lazare ; lequel a dit que la compagnie n'a pas été peu surprise d'apprendre qu'il avoit été procédé dans leur spectacle à une saisie-exécution des meubles et effets et autres objets y étant à la requête desdits sieurs Bernard, et ce sur les sieurs Delomel et Gardeur, en vertu de sentences et ordonnances paroissent avoir été rendues contre eux, seulement que comme d'un côté les intéressés et associés, par acte du 14 octobre 1785 duement publié aux consuls, ne doivent rien, mais encore qu'il n'existe aucun jugement ni condamnation contre eux ; ils auroient, par exploit du 10 de ce mois, fait interjeter appel de ladite saisie comme faite super non domino, avec réserve de se pourvoir incessamment tant par les voies ordinaires qu'extraordinaires, attendu l'esclandre gratuit à eux occasionné par ladite saisie et en attendant ont déclaré, par le même acte, qu'ils s'opposoient formellement à ce que lesdits sieurs Bernard donnassent aucune suite à leur contrainte sur l'entreprise dont il s'agit, avec protestation de nullité et de tous dépens, dommages et intérêts. Que d'après cet acte, ils auroient cru que les sieurs Bernard se seroient contentés de l'esclandre public qu'ils avoient occasionné dans un établissement public, à une compagnie d'associés qui n'est ni leur débiteur, ni leur obligé, ni leur condamné ; mais que cejourd'hui, vers les cinq heures du soir, à l'heure de l'ouverture de leur spectacle, ils auroient été avertis qu'à la porte et principale entrée d'icelui étoit ledit Wolff qui, en continuant les contraintes vexatoires ci-devant énoncées, portoit le comble à l'esclandre et à la vexation en voulant publiquement introduire des gardiens dans les bureaux de recette dudit spectacle et en en interrompant entièrement l'exploitation, ce qui auroit été

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |