Et le 23e jour desdits mois de novembre et an 1697, huit heures du matin, nous, commissaire susdit, à la réquisition dudit sieur de Francini, avec Simon Dutour, un des commis dudit sieur de Francini, assisté de Mathieu Pélouard, huissier priseur audit Châtelet, sommes transporté rue St-Denis, en la maison du nommé Bertrand, joueur de marionnettes, où étant dans une salle basse nous est apparue Marie Triboulet, femme dudit Bertrand, à laquelle ayant fait entendre le sujet de notre transport est survenu ledit Bertrand, auquel l'ayant pareillement fait entendre, lui avons enjoint de nous représenter tous les habits, broderies, par lui achetés provenant de l'Opéra, de nous déclarer les noms et demeures des personnes qui les lui ont vendus. Ledit Bertrand ayant fait ouverture d'une grande armoire fermant à deux volets et d'icelle tiré une jupe de moire noire brodée d'argent doublée d'une toile rouge, un justaucorps de danseur de satin rouge aussi brodé d'or et d'argent, le tout faux ainsi que ladite jupe, que ledit Bertrand dit avoir été achetés par sa femme, dont elle est demeurée d'accord, à une revenderesse aux piliers des halles, il y a environ un an et demi moyennant la somme de 15 livres. Et ladite femme Bertrand a déclaré qu'elle ne croit pas pouvoir reconnoître ladite revenderesse si elle lui est représentée.
Ont aussi tiré de ladite armoire une jupe de velours vert brodée or et argent et garnie par en bas de franges d'or aussi faux. A été dit par lesdits Bertrand et sa femme que le velours dont est composée la jupe a été acheté d'une demoiselle demeurante chez M. Deville, audiencier du Châtelet, rue St-Denis, proche la maison où nous sommes, il y a environ quatre ans ; ne se souviennent du prix. Ledit velours brodé comme il est a été pareillement mis en jupe et y ont ajouté ladite frange.
Ont pareillement tiré de ladite armoire une jupe de taffetas rouge brodée d'argent, garnie de dentelle or et argent, aussi le tout faux ; un grand morceau de moire d'argent brodé d'or aussi faux.
Lesquels habits susdits ont été reconnus par ledit sieur Dutour pour être et faire partie des habits volés à l'Opéra et appartenant audit sieur de Francini. Lesquels habits ont été saisis et revendiqués par ledit Pélouard. Et pour éviter qu'aucune chose ne fût changée, iceux habits susdéclarés, tous brodés en or et argent faux, sont restés en la garde et possession dudit Pélouard qui s'en est chargé pour les représenter à qui il appartiendra.
Signé : JEAN BERTRAND ; DUTOUR ; PÉLOUARD.
Et à l'instant ledit Bertrand et sa femme nous ont déclaré qu'il y a environ huit ans qu'ils ont acheté du nommé Paillard, maître menuisier travaillant à l'Opéra, plusieurs vieux habits de l'Opéra et morceaux de vieilles broderies et ce dans le magasin dudit sieur de Francini, sis faubourg St-Honoré, rue de la Madeleine, qui sont entièrement usés, pour la somme de 30 écus, autant qu'ils peuvent s'en souvenir, laquelle somme fut payée en argent blanc entre les mains dudit Paillard.
Signé : JEAN BERTRAND ; DUTOUR.

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |