il défit sa culotte, se troussa et montra son derrière nu à ce nègre qui, de son côté, leva la toile du théâtre de façon qu'il fut aperçu dans cet état par des dames et autres personnes qui restoient dans ladite salle ; qu'il a eu le malheur de succomber à cette fâcheuse idée dont il connoît actuellement toute l'indécence et dont il se repent très-fort. Et ledit Lefan nous a dit qu'il étoit alors sur ce théâtre occupé à éteindre les bougies qui y étoient allumées ; qu'il a entendu le propos rapporté par ledit cocher, mais n'a rien vu de ce qu'il a fait ; a vu la toile du spectacle levée sans savoir qui l'a fait. Et ledit Capolin a dit que ledit cocher lui a demandé s'il avoit vu la comédie, a ensuite présenté son derrière en disant : « Tiens, la voilà la comédie », sans que ledit Capolin ait vu s'il étoit nu ou non ; a dans le moment lui Capolin levé la toile dudit théâtre, sans trop savoir ce qu'il faisoit. A alors entendu un cliquement de la part dudit cocher, ne sait s'il étoit fait avec les deux mains l'une dans l'autre ou avec icelles sur son derrière. Et tous trois nous ont dit qu'il y avoit alors des dames et quelques personnes dans ladite salle de spectacle ; que sur-le-champ a paru sur le théâtre leurdit maître qui étoit tout courroucé et qui a demandé à tous trois quel étoit celui qui avoit montré son derrière, ce qu'ils lui ont caché en disant ne pas le savoir.
Signé : DANDELI-CHAMBLI ; J. B. LEFAN.
Sur quoi nous avons fait remettre ledit Dandeli, cocher, à la réquisition de mondit sieur de Villers, à la garde dudit Cottin, sergent de la garde, ici présent, lequel s'en est chargé pour le conduire de notre ordonnance de police ès prisons du Châtelet de cette ville. A l'égard des deux autres domestiques susnommés, ils sont restés dans la maison de mondit sieur de Villers qui nous a déclaré ne point requérir l'emprisonnement dudit petit nègre malgré sa complicité du tour indécent dont est question, attendu son jeune âge et qu'il le tient de Mlle Rouillé, sur de feu M. Rouillé, gouverneur de la Martinique, qui l'a fort prié de le prendre avec lui et que ce seroit charité de le faire. Dont et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès-verbal.
Signé : PAJOT DE VILLERS ; COTTIN ; THIOT.
(Archives des Comm., no 3046.)
COMÉDIE-ITALIENNE A LA FOIRE (LA). Jaloux du succès des spectacles de la foire, et mécontents de voir que le public désertait leur salle, les comédiens italiens demandèrent et obtinrent la permission de transporter leur théâtre à la foire Saint-Laurent et d'y donner des représentations pendant toute sa durée. Dès 1721, ils y étaient installés, mais leur entreprise ne réussit guère, et en 1723 ils durent renoncer à lutter avec les

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |