née à Paris, quoique ses père et mère soient Savoyards, et qu'elle a lieu de gagner sa vie dans sa profession mieux à Paris qu'ailleurs, elle croit mériter la protection de la justice vis-à-vis de ses obsesseurs ; que la prudence la retient pour ne pas divulguer toute l'horreur de la mauvaise conduite de son mari relative aux fins ci-dessus et qui est bien opposée à la façon d'agir d'elle comparante, ainsi qu'il est aisé de le manifester ; que son mari l'a traînée dans les boues comme la dernière des misérables, en la molestant, et l'a enfermée une fois pendant quatre jours aussi comme la dernière des misérables. Dont et de quoi elle vient nous rendre plainte et a déclaré ne savoir ni écrire, ni signer.
Signé : CADOT.
Et le samedi 25 desdits mois et an, trois heures de relevée, en l'hôtel et par-devant nous commissaire susdit, sont comparus lesdits Laurent Chemin, Jean-Baptiste Ménard et Françoise Chemin, sa femme qualifiée en la plainte ci-dessus : Lesquels nous ont dit qu'ils sont présentement d'accord et veulent bien oublier de part et d'autre tout ce qui s'est passé entre eux, promettant respectivement avoir à l'avenir de bons procédés les uns pour les autres. Ledit Chemin a signé, ledit Ménard n'a voulu signer, de ce interpellé, et ladite femme Ménard a déclaré ne savoir signer.
Signé : CHOMEN (sic) ; CADOT.
(Archives des Comm., no 1443.)
II
L'an 1758, le jeudi 2 mars, neuf heures du matin, par-devant nous Jean-Baptiste-Charles Lemaire, etc., est comparu Jean-Baptiste Ménard, porteur de lanterne magique, demeurant rue Mouffetard, paroisse Saint-Médard : Lequel nous a fait plainte et dit qu'il y a environ trois ans il s'est établi avec Françoise Duchemin, sa femme ; qu'il y a environ huit mois, le plaignant étant obligé de se rendre dans la Provence, son pays originaire, il laissa sadite femme dans ladite chambre qu'ils occupoient ensemble rue Mouffetard ; qu'étant revenu au commencement de décembre dernier, il ne trouva plus sadite femme et apprit qu'elle avoit dissipé tout ce que le plaignant lui avoit laissé en meubles, effets, linges, hardes et argent ; qu'elle s'étoit abandonnée à la débauche et qu'elle vivoit en mauvais commerce avec le nommé Cécile, domestique sans condition, qui l'entretenoit ; qu'ayant fait toutes les recherches possibles de sadite femme, il n'a pu en apprendre de nouvelles certaines que jeudi dernier ; que s'étant rendu chez maître Cadot, notre confrère, sur un avis qu'il avoit reçu d'y aller, il y trouva sadite femme et fut surpris qu'elle lui annonça avoir rendu une plainte contre lui devant ledit maître Cadot ; que n'ayant jamais donné à sadite femme aucun sujet de mécontentement, il y a lieu de présumer qu'elle a supposé des faits faux pour en imposer ; que ledit Me Cadot ayant réconcilié le plaignant

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |