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Mayeur de Saint-Paul, camarade de Sophie Forest et qui passe pour être l'auteur du Chroniqueur désœuvré, adressa à cette charmante actrice les vers que l'on va lire lors de sa rentrée au théâtre des Grands-Danseurs du Roi en 1780 :

Les plaisirs, l'enjoûment, les grâces
Et les ris, les jeux et l'amour
Ayant fui loin de ce séjour
Pour s'attacher sur tes traces,
Ici, tout n'offroit plus qu'un immortel ennui,
Et tout étoit en souffrance
Où par l'effet de ta présence,
Tout est plaisir aujourd'hui.
Viens, tendre nourrisson de l'aimable Thalie,
Viens recevoir l'encens de mille adorateurs
Et la couronne chérie
Due à tes talens enchanteurs.
Le public empressé, que ton retour ramène,
T'attend d'un air satisfait,
Le moment est venu, tu parois sur la scène
Et ton triomphe est complet.
Est-ce bien sœur Agnès ? Non, d'Amour c'est la mère
Voilà ses traits, son souris séducteur
Et ce tendre abandon, aliment du bonheur ;
Oui, c'est Vénus qui, désertant Cithère
Sous un déguisement trompeur,
Voudroit rester inconnue à la terre,
Mais chacun la devine au trouble de son cœur.

Robineau de Beaunoir, l'auteur de l'Amour quêteur et de Vénus pèlerine, petites comédies dans lesquelles Sophie Forest s'était montrée excellente comédienne, lui adressa après le succès d'un autre de ses ouvrages, Jeannette, ou les Battus ne payent pas toujours l'amende, proverbe où elle remplissait le rôle de Jeannette, le quatrain que voici :

Le public indulgent sourit à mon ouvrage ;
Vos talens m'ont valu ce succès si flatteur ;
C'est à vous que j'en fais l'hommage
Je vous dois tout .... hors le bonheur.


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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