Le dernier vers faisait allusion à la passion non partagée que Robineau de Beaunoir avait éprouvée pour la belle actrice. Le Chroniqueur désuvré apprécie en ces termes le talent de Sophie Forest pendant le temps qu'elle passa aux Grands-Danseurs du Roi, c'est-à-dire de 1777 à 1784 : « Le physique d'une Vénus, charmante dans tous les rôles de paysannes, d'Agnès, de petites-maîtresses ; mais dans les grands rôles de pièces et de pantomimes, pas assez de noblesse, trop de roideur dans ses gestes. Il est si aisé d'arrondir les bras quand on les a beaux .... » Plus loin, l'auteur du Chroniqueur se montrant plus sévère, adresse à Mlle Forest l'allocution suivante : « Que dirai-je de vos talens ? ne verrai-je jamais le public détrompé et accordera-t-il toujours à la fade beauté les applaudissemens qu'il ne doit en conscience qu'au talent réel et pourrez-vous vous flatter d'en avoir quand vous conserverez sans cesse cet air minutieux et à prétention qui ne s'accorde nullement au rigorisme du théâtre ? Les adulations vous ont gâtée, Forest, les méchantes pièces de vers que Robineau et consors vous ont adressées, vous ont fait perdre la raison. Craignez la chûte, Sophie, craignez la chûte. Elle est l'écueil ordinaire que ne peuvent éviter celles qui, comme vous, sont assez aveuglées sur leur compte pour prétendre aspirer sans le mérite nécessaire aux hommages de toute la terre, hommages d'autant moins durables qu'ils sont les fruits du caprice et de l'illusion. Le voile se déchire et que voit-on derrière ? Est-ce toujours cette altière beauté, orgueilleuse, trop fière de ses frivoles avantages ? .... Non .... mais qu'est-ce donc ? Hélas ! Ce n'est plus que Sophie, figure ordinaire et qui ne dut son éclat qu'à l'effet de la prévention. Voilà le sort qui vous attend, prenez-y garde. »
Le Chroniqueur désuvré fut mauvais prophète et le public continua à prodiguer ses applaudissements à l'actrice, quand du théâtre des Grands-Danseurs du Roi elle fut passée, en 1785, au théâtre des Variétés du Palais-Royal, où elle a créé Zuline dans la Loi de Jatab, ou le Turc à Paris, comédie en un acte, en vers par Dumaniant, représentée le 22 janvier 1787 ; Zamire, jeune

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |