FOURÉ (ANTOINE), entrepreneur de spectacles, était le fils d'un joueur de marionnettes qui avait joui de quelque célébrité aux foires vers 1740. Fouré fils était architecte-constructeur et élève de Servandoni. Il ouvrit en septembre 1757, sur le boulevard du Temple, un spectacle mécanique d'architecture dans un local où avait été établi précédemment une autre entreprise théâtrale qui n'avait pas réussi et qu'on nommait le Spectacle marin. La tentative essayée par Fouré ne fut pas lucrative pour lui, et bientôt, à son tour, il céda son local à un autre entrepreneur de spectacles qui fut plus heureux, à Jean-Baptiste Nicolet. Il continua cependant à se montrer aux foires et à y donner quelques représentations ; c'est ainsi qu'en 1760 il faisait jouer à la foire Saint-Germain une grande pièce à machines intitulée : les Molossiens vengés par Jupiter, ou la Métamorphose de Lycaon.
(Archives des Comm., no 3764.- Affiches et annonces, 1769, 119. - Magnin, Histoire des Marionnettes, 165.)
L'an 1759, le lundi 5 novembre, du matin, sont comparus en l'hôtel et pardevant nous Nicolas Maillot, etc., chargé particulièrement par M. le lieutenant général de police de faire observer les règles des spectacles qu'il permet sur les boulevarts et de faire exécuter par tous ceux qui habitent sur les boulevarts et qui fournissent au public quoi que ce soit les ordonnances et règlemens de police, sieur Antoine Fouré, architecte et entrepreneur du spectacle qu'il donne journellement sur les boulevarts, ayant pour titre : La Descente de Junon aux enfers et qui est une mécanique et dont il a la permission expresse de M. le lieutenant de police à cet effet : Lequel nous a déclaré que depuis trois mois ou environ il donne son spectacle sur le boulevart au public. Que les mauvais tems n'ont pas permis qu'il eût assez de monde pour faire à beaucoup près ses déboursés de chaque jour et que cela l'a arriéré avec les acteurs, actrices et musiciens dont il se sert journellement pour ledit spectacle. Qu'il leur a dû et leur doit encore, nonobstant qu'il leur ait donné plusieurs fois de l'argent. Pourquoi il y a compte à faire entre eux. Qu'il leur a donné plus d'argent qu'à l'ordinaire, à compte sur ce qui leur étoit dû, les jours où il a le plus travaillé et où il avoit plus de monde dans son spectacle que les jours de pluie et les mauvais tems, notamment vendredi et samedi derniers, jours que son spectacle a été plus garni qu'à l'ordinaire. Que le jour d'hier il a plu aux musiciens de son orchestre de se refuser formellement à entrer à l'orchestre et à jouer jusqu'à six heures du soir, quoiqu'ils dussent y être à cinq heures, heure à laquelle le spectacle est annoncé par les affiches mises dans les endroits ordinaires et accoutumés et qu'il leur eût recommandé

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |