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GANGAN (le fameux), animal extraordinaire et vivant, que l'on montrait à la foire Saint-Germain de 1774. Il avait sept pieds de haut et douze de long, la tête d'un russe Babalus (sic), les yeux d'un éléphant, les oreilles d'un rhinocéros, le col d'un serpent, la queue d'un castor, etc., etc. C'était tout bonnement un chameau.

(Almanach forain, 1776.)

GARDEUR (JEAN-NICOLAS), entrepreneur du spectacle des Petits-Comédiens de S.A.S. le comte de Beaujolais en 1789 et inventeur de la sculpture en carton-pâte.

L'an 1789, le lundi 31 août, dix heures du matin, en notre hôtel et pardevant nous Jean-Baptiste Dorival, etc., est comparu Jean-Nicolas Gardeur, entrepreneur du spectacle des Beaujolois, demeurant à Paris au Palais-Royal, paroisse St-Eustache : Lequel nous a rendu plainte contre le sieur Vitalis, demeurant à Paris rue St-Martin, vis-à-vis la rue aux Ours, maison d'un marchand de fer, et nous a dit qu'étant porteur d'une lettre de change, tirée de Rouen au profit du plaignant sur ledit Vitalis et par lui acceptée, pour la somme de 600 livres, stipulée payable au domicile dudit Vitalis susdésigné, ledit sieur Vitalis se seroit le mercredi 26 du présent mois, sept heures du soir, transporté au foyer dudit spectacle des Beaujolois dans le dessein d'y insulter publiquement le plaignant et d'y exciter une telle rumeur contre lui qu'elle pût le conduire à remettre audit Vitalis ladite lettre de change de force et sans aucun payement ; qu'en effet il a dit hautement et en présence de toutes les personnes que renfermoit alors le foyer que le plaignant étoit un f... gueux, un f... coquin, un voleur et un escroc qui lui avoit escroqué une lettre de change de 600 livres, et qu'il entendoit ou qu'il la lui rendît sur-le-champ ou qu'il le tueroit ; que le plaignant n'a pas tardé à voir l'effet des menaces dudit Vitalis, car ce dernier tirant aussitôt un dard de sa canne il en porta la pointe sur la poitrine du plaignant qui n'a dû la conservation de sa vie dans ce cruel instant qu'au secours de quelques personnes qui s'emparèrent dudit Vitalis tandis que le plaignant se retiroit de son côté ; que ledit Vitalis après cet événement est resté dans le foyer jusqu'à la fin du spectacle sans cesser de clabauder et proférer même des injures contre le plaignant dans le dessein de le diffamer au point d'inspirer au public un mépris pour lui et écarter à jamais de son spectacle les personnes habituées à y venir par le désagrément d'être témoins de pareilles scènes ; que ledit Vitalis avoit tellement conçu le dessein d'attenter aux jours du plaignant que, sans désemparer du foyer, il attendit que le public fût sorti du spectacle et ne pût traverser ses


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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