GAUDON (CLAUDE-PIERRE GOURLIEZ, dit), né en 1733, était peintre de son métier lorsqu'il se fit entrepreneur de spectacles forains ; vers 1760, il eut un moment de vogue, l'attention publique ayant été attirée sur lui par le procès qu'il fit au célèbre cabaretier Ramponeaux. Celui-ci, qui était alors à la mode à Paris, séduit par quelque argent que Gaudon lui avait donné, avait consenti à se montrer sur son théâtre dans un rôle fait exprès pour lui. L'entrepreneur de spectacles pensait avec raison que cette exhibition lui rapporterait beaucoup d'argent. Malheureusement, au dernier moment Ramponeaux refusa de l'exécuter et mit en avant des scrupules religieux qui, disait-il, l'empêchaient de paraître sur un théâtre. Mais ce n'était là qu'un vain prétexte, car quelque temps après Ramponeaux débutait à l'Opéra-Comique, où sans doute on lui faisait de plus belles conditions. Une pareille conduite exaspéra Gaudon et il intenta un procès au cabaretier. C'est ce procès qui occupa un instant tout Paris, grâce aux factums composés par Élie de Beaumont pour Gaudon, et par Coqueley de Chaussepierre pour Ramponeaux. Voltaire lui-même descendit dans l'arène ; il écrivit aussi un plaidoyer en faveur du cabaretier. Finalement Ramponeaux triompha ; il ne fut pas forcé de jouer chez Gaudon et fut condamné seulement à lui rendre le peu d'argent qu'il en avait reçu par avance. En 1770, Gaudon avait encore un spectacle à la foire Saint-Ovide.
(Victor Fournel : Curiosités théâtrales, I, 300. -- Jal, Dictionnaire de biographie et d'histoire, 1040.)
I
L'an 1759, le mardi 31 juillet, une heure de relevée, en l'hôtel et par-devant nous Jacques-François Charpentier, etc., est comparu le sieur Claude-Pierre Gourliez, peintre et entrepreneur de spectacles, demeurant rue de Bretagne au Marais : Lequel nous a fait plainte contre Geneviève Letierce, son épouse, et dit que depuis deux mois ou environ il a remarqué que ladite demoiselle son épouse se dérangeoit au point qu'elle avoit pour amant le nommé Louis, garçon du sieur Delahogue, marchand limonadier, demeurant sur le boulevard ; que pour se voir fréquemment et à leur commodité la veuve du

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See also: Parfaict Mémoires (1743), Le Théâtre de la foire à Paris, Calendrier des spectacles sous Louis XIV The WWW Virtual Library of Theatre and Drama. This project is supported by the British Academy, the AHRB, the UK Higher Education Funding Councils (HEFCE) and Oxford Brookes University, Oxford, United Kingdom. Copyright © 1996-2000 Barry Russell. All rights reserved. barry@foires.net. |