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nommé St-Julien, sergent au régiment des gardes-françoises, elle herboriste, leur prétoit sa chambre, où elle demeure, rue de Bretagne dans le petit marché, où la femme du plaignant et ledit Louis se donnoient des rendez-vous ; que sadite femme abandonnoit entièrement sa maison et son ménage pour se livrer à ses plaisirs, ce dont le plaignant ayant été informé il en a fait reproche plusieurs fois à sadite femme qui lui a promis d'être plus sage à l'avenir ; que ledit Louis, étant informé des représentations et menaces que faisoit le plaignant à ladite femme, il lui a proposé que, si elle vouloit, il se joindroit à plusieurs de ses amis pour guetter le soir le plaignant et lui donner des coups de bâton, ce que sadite femme n'ayant pas voulu, le plaignant ne s'est encore aperçu de rien ; mais comme sadite femme lui a fait un aveu sincère de ses fautes et qu'elle vouloit quitter une vie aussi déréglée et ne voyant ni ne fréquentant plus ledit Louis, ni d'autres, ledit Louis pourroit bien garder dans son cœur une haine implacable et lui faire un mauvais parti alors qu'il n'y penseroit pas, il est venu nous faire la présente plainte.

A quoi étoit présente ladite demoiselle Geneviève Letierce, femme dudit sieur Gourliez, qui est convenue en notre présence de la vérité du contenu en ladite plainte ci-dessus et ajoute que c'est Marie-Anne Letierce, sa sœur, qui vit en concubinage avec le nommé Deschamps, teinturier, quoiqu'il soit marié, qui lui a donné de mauvais conseils et facilité son libertinage avec ledit Louis et qu'elle n'a aucun reproche à faire à son mari, ayant eu toujours pour elle de bonnes façons et s'étant comporté comme un honnête homme doit faire, promettant audit sieur son mari qu'elle vivra dorénavant comme une honnête femme doit faire et qu'elle est bien fâchée de lui avoir fait l'infidélité qu'elle a commise et dont elle lui demande excuse. Consent ladite demoiselle Gourliez que sondit mari mette la présente plainte à exécution contre elle quand il voudra, même de la faire renfermer où bon lui semblera et quand il lui plaira. De laquelle plainte, déclaration et consentement ci-dessus, ledit Gourliez nous a requis acte.

Signé : GOURLIEZ ; CHARPENTIER.

(Archives des Comm., no 1328.)

II

L'an 1761, le mercredi 10 juin, sept heures du soir, en l'hôtel et par-devant nous Louis Cadet, etc., est comparu sieur Claude-Pierre Gourliez dit Gaudon, entrepreneur des danseurs de corde sur le boulevart du Temple, demeurant rue de Bretagne au Marais, tant pour lui que pour demoiselle Geneviève Letierce, son épouse, la dame épouse du sieur Letierce, sa belle-mère, et pour la dame Lebrun, l'une de ses actrices : Lequel, étant en la compagnie de Pierre Béranger, sergent des gardes de poste à la barrière du Temple, nous a dit qu'il y a environ une heure, à son spectacle qui commençoit, le nommé Paul, Allemand de nation, musicien répétiteur à son orchestre, seroit survenu rempli de vin, auroit commencé par insulter de paroles grossières ladite dame


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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