temens avec d'autant plus de raison qu'il ne s'étoit pas fait substituer ; que sa femme, d'un caractère pétulant, indocile, entreprenant, ne connoissant aucun frein, et sujette à se livrer à la boisson de toutes sortes de liqueurs, ce qui lui dérange le cerveau, vint ce matin sur les neuf heures environ l'attendre à sa porte sur le boulevart, et dès qu'il sortit, commença par se répandre en propos, injures et menaces, prétendant que le plaignant avoit mal à propos diminué deux jours à son mari sur le tribut qui lui revenoit, s'abandonna à une fureur extrême, ne voulut écouter aucune proposition, insulta le plaignant, lui fit une scène scandaleuse comme si elle avoit été préposée exprès, ramassa un gros éclat de pavé, lui lança avec force et l'auroit tué s'il n'avoit eu la dextérité de se baisser pour parer le coup ; que cependant cet éclat l'atteignit à l'épaule gauche, lui fit une contusion considérable dont il fut obligé de se faire panser, se jeta sur lui, lui arracha son chapeau, sa perruque et le jabot de sa chemise, et il eut toutes les peines du monde à se dépêtrer de ses mains et de ses violences pour empêcher la suite des voies de fait de cette femme qu'il ne maltraita pas parce que ladite femme, étant d'une force et d'un courage supérieurs, n'auroit certainement fini son attentat que par quelque accident ; qu'elle se retira en jurant et en menaçant le plaignant de le perdre et de renverser sa fortune et son établissement ; qu'en effet, il a tout lieu de craindre ces menaces parce que ladite femme Galban, née avec une langue envenimée et ne connoissant aucun principe de délicatesse, peut semer dans l'esprit de ses pensionnaires la discorde et la mauvaise humeur, et faire toutes sortes de tentatives de cabales et de manuvres pour les engager à le quitter et par conséquent renverser son état et le mettre dans le cas de ne pouvoir faire honneur à ses engagemens. Or, comme il y a des témoins de cette scène, que le plaignant a intérêt de se garantir des menaces de cette femme, de mettre sous les yeux du magistrat la vérité de sa cause, de faire punir cette femme de son attentat, il a été conseillé de nous rendre plainte.
Signé : GOURLIEZ dit GAUDON ; DELAPORTE.
(Archives des Comm., no 1452.)
X
L'an 1770, le dimanche 23 septembre, neuf heures du soir, en l'hôtel et par-devant nous Louis Trudon, etc., est comparu sieur Pierre Gourliez dit Gaudon, entrepreneur de spectacles, demeurant à Paris, rue du faubourg St-Honoré, paroisse St-Eustache : Lequel nous rend plainte contre le sieur Schmidt, marchand fripier et prêteur sur gages, demeurant rue des Cinq-Diamans, paroisse St-Jacques-de-la-Boucherie, et dit que ledit sieur Schmidt est chargé de sa recette depuis environ quatre ans au spectacle tenu par lui plaignant à la foire St-Ovide, sans avoir fini de rendre ses comptes de la recette par lui faite dans les différens bureaux de recette ou il s'est trouvé ; que ce-

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