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spectacles, demeurant rue de Bretagne au Marais : Lequel nous a rendu plainte contre le nommé Levasseur, appelleur de son spectacle, et nous a dit que le jour d'hui, entre cinq et six heures, au moment qu'il étoit sur sa porte, ledit Levasseur au lieu d'appeller s'est retourné vis-à-vis de lui plaignant et le montrant lu doigt, a dit à tout le public : « Le voilà le fripon de Gaudon, c'est un voleur, un coquin, un banqueroutier qui affronte le public. » Et s'est servi d'autres termes non moins injurieux qui ont fait une telle rumeur et confusion dans le public qu'il n'a pu donner son spectacle ; que ledit Levasseur s'est enfui, et, étant suivi sur le boulevard par toute la populace, a répété les mêmes injures jusques à la rue de Bretagne ; que le sieur Leroi l'a poursuivi et n'a pu l'arrêter ; qu'étant revenu le soir sur le boulevard, lui plaignant l'a fait arrêter et vient nous requérir comme son domestique de l'envoyer ès prison du For-l'Évêque.

Signé : GOURLIEZ dit GAUDON.

Avons ensuite fait comparoir par-devant nous le particulier arrêté, et sur les interpellations que nous lui avons faites, après serment par lui fait de dire vérité, a dit se nommer Jean-Robert Levasseur, âgé de 31 ans, appelleur pour le sieur Gaudon, natif de Paris, demeurant à la barrière de la Villette. S'il est vrai qu'il a traité ledit Gaudon de voleur, coquin, banqueroutier ? A répondu que oui, et que c'est la colère qui lui a fait dire, croyant que le sieur Gaudon parloit mal de lui. S'il n'a pas été payé par quelqu'un pour tenir lesdits mauvais propos ? A dit que non. Pourquoi il s'est enfui ? A répondu que c'est parce qu'il avoit l'esprit égaré et que cela lui prend quelquefois tous les deux ou trois mois. Si ledit Gaudon lui doit quelque chose ? A dit que non. Sur quoi, etc., avons ordonné que ledit Levasseur sera conduit ès prison du For-l'Évêque, pour être détenu jusqu'à ce qu'autrement en ait été ordonné.

Signé : COQUELIN.

(Archives des Comm., no 2941.)

IX

L'an 1767, le mercredi 23 septembre, quatre heures environ de relevée, est venu en notre hôtel et par-devant nous, Louis-Michel-Roch Delaporte, etc., sieur Claude-Pierre Gourliez dit Gaudon, entrepreneur de spectacles à Paris, y demeurant boulevart du Temple, paroisse St-Laurent : Lequel nous a rendu plainte contre la femme du nommé Galban, l'un des employés de sa troupe à la foire St-Ovide, et nous a dit que le sieur Richer étoit son associé pour diriger les sauteurs et danseurs de corde ; que ledit Galban étoit engagé par ledit Richer et a servi pendant une partie de la foire ; qu'ayant été deux jours sans rien faire, sous le prétexte d'une incommodité simulée, le plaignant, d'accord avec ledit Richer, a cru pouvoir lui diminuer ce tems sur ses appoin-


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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