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depuis deux jours desdits imprimés, desquels mesme il nous en a représenté trois conformes à celle cy-dessus, et qu'avant ladite société il représentoit seulement des marionnettes n'ayant jamais, luy ni aucun de sa trouppe et de celle des dits Pygmées dit au public: « C'est icy où l'on voit l'homme à deux testes. » Ne se meslant seulement ledit Vaudier que de faire jouer les marionnettes et non ladite trouppe royalle des Pygmées, laquelle est représenté par le sieur Aubry, nous ayant mesme ledit Vaudier fait apparoir d'imprimés qu'il distribuoit, lesquels ne portent autre chose sinon: les Grandes marionnettes de Monseigneur le Dauphin, desnyant que luy ny personne de sa trouppe ayt esté insulter ledit Mondain. Et procédant, est survenu François Aubry l'un de la trouppe royalle des Pygmées, auquel ayant pareillement fait entendre le subjet de notre transport et les deffenses portées tant par ledit privilége que permission, ledit Aubry nous a dit qu'il a pouvoir de faire représenter une nouvelle invention de marionnettes, sous le nom de la Trouppe royalle des Pygmées, et mesme nous a fait voir les lettres à luy pour cet effet accordées le 31 mars 1675, signées Louis, et au bas : Par le Roi, Arnaud, et scellées, n'ayant jamais prétendu inquietter et empescher ledit sieur Mondain de se faire voir au public, n'ayant jamais, non plus que qui que ce soit de sa trouppe, donné ordre de crier au public : « C'est icy que l'on voit l'homme à deux testes. » Demeurant d'accord avoir fait imprimer les billets dont se plaint ledit Mondain, lesquels il a fait mesme afficher par tous les carrefours et lieux publics de cette ville, attendu qu'il en a la permission du Roy et que mesme il est porté par lesdits billets que l'homme à deux testes ne se voit qu'en petit, ledit Mondain devant savoir ce que c'est que la trouppe royalle des Pygmées; n'étant pas vray que ledit Aubry ni personne de sa trouppe ayent insulté ledit Mondain, et qu'à la vérité le sieur Bernard des Jardins, escuyer, intéressé dans ledit privilége, fut le jour d'hier pour parler audit Mondain et luy demander à quel subjet il avoit arraché ou fait arracher les affiches de ladite trouppe royalle des Pygmées, et estant à sa loge auroit demandé à parler audit Mondain pour raison de ce, auquel ayant parlé ledit Mondain seroit demeuré d'accord d'avoir arraché lesdites affiches, et dit pour toute raison que cela luy plaisoit, après quoi ledit sieur des Jardins se retira ; soustenant ledit Aubry qu'il a le droit de faire représenter par ses figures telles postures et figures que bon luy semblera. Et ledit Vaudier déclaré ne savoir écrire, ne signer, de ce interpellé, et ledit Aubry a signé. Signé : Aubry. -- Et par ledit Mondain a esté dit qu'il ne prétend nullement empescher le privilége de ladite trouppe des Pygmées et marionnettes, mais soustient que leurs affiches doibvent estre refformées en ce que par icelles il est porté qu'ils font voir l'homme à deux testes, sans dire de quelle manière et que ce soit par les marionnettes, empeschant par ce moyen que quantité de personnes curieuses n'entrent en la loge dudit Mondain, soustenant pareillement qu'en appelant le public pour les voir, ils ne doibvent pas dire : «  C'est icy où l'on voit l'homme à deux testes. » Et à l'égard des menaces à luy faites de la part de ladite trouppe des Pygmées, prétend se pourvoir ainsy qu'il advisera bon


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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