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parlant à haute voix, lui a dit de saluer sa maîtresse et de lui glisser son compliment, ce que Arlequin a fait en faisant plusieurs postures d'arlequin et de lazzis. Une seconde toile ayant été levée, a paru du fond du théâtre plusieurs hommes et femmes représentant une académie jouant aux cartes et aux dés. Un acteur vêtu en vieillard, faisant le personnage de père, a fait un monologue trouvant à redire de ce que sa femme tenoit une académie chez lui. Pendant cet entretien à haute voix lesdits joueurs ont pris querelle ensemble, se sont battus et un d'eux faisant le mort, l'arlequin et un pierrot faisant ensemble plusieurs lazzis ont dépouillé le prétendu mort et partagé par moitié ses vêtemens. La seconde toile s'étant baissée, Pierrot avec une représentation de curiosité, ayant un écriteau de carte au bout d'un bâton, a chanté avec la guitare plusieurs couplets de chansons sur l'agio. Arlequin voulant voir la curiosité, Pierrot indiquoit à Arlequin ce que la curiosité contenoit et sur ce qu'Arlequin disoit qu'il voyoit une grande rue, Pierrot lui a dit que c'étoit la rue Quinquenpoix. Arlequin feignoit de voir plusieurs personnes amassées dans cette rue tenant des papiers à la main. Pendant lequel tems Pierrot lui a emporté furtivement un panier de gibier qu'il devoit porter à l'avocat de son maître, ce qui a fait faire plusieurs lazzis et postures, et en sortant du théâtre, s'est mis à crier : La rue Quinquenpoix  ! et dit que Pierrot lui avoit quinquenpoitisé son gibier ; ce qui a formé une espèce d'acte.

Ensuite celui qui représentoit le père de la maîtresse, avec sa fille, ont paru en faisant un monologue. Il disoit à sa fille qu'il vouloit la marier à un homme fort riche. Sur le moment Arlequin habillé en vieillard a paru et a demandé à haute et intelligible voix cette fille en mariage pour son fils. L'amant a paru et a dit à son père que l'on lui offroit quatre millions. Plusieurs acteurs se disant agioteurs, tenant des papiers à la main, s'adressent à Arlequin. Arlequin regardant lesdits papiers leur dit à l'un et à l'autre : « Un quart barbe faite, » et à d'autres : « Cela se couchera comme il s'est levé », et se sont retirés du théâtre, le père disant qu'il alloit envoyer chercher le notaire.

La toile s'étant levée, le théâtre a représenté une salle dont le prétendu père louoit la magnificence à haute et intelligible voix et a fait un monologue sur le bonheur et la richesse de sa fille. Enfin le théâtre ayant changé et représenté un jardin orné de pots de fleurs et de statues, Arlequin en jardinier, le prétendu père et le prétendu amant ont fait un monologue sur la magnificence du jardin. Arlequin parlant seul dit que d'un coup de bêche et après avoir semé de la graine sur la terre, le fruit croissoit comme des champignons, et figurant de bêcher la terre et de semer, un homme avec des ailes est sorti des planches du théâtre et a disparu avec vitesse. L'acteur représentant le père a demandé à Arlequin pourquoi il disparoissoit si vite, Arlequin lui a répondu : C'est parce qu'il court après la fortune. » Un autre homme étant pareillement sorti du plancher dudit théâtre, paroissant triste et se retirant lentement, ledit père demande à Arlequin pourquoi celui-là alloit si lentement. Arlequin lui a répondu : C'est qu'il avoit fait sa fortune. » Ledit prétendu père lui ayant encore demandé pourquoi lesdites statues étoient mouvantes, Arlequin


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
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