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core moins ; ou bien quelle est sa philosophie ? Quand il aura pu me l'apprendre, je vous en ferai part. Comme musicien ? comment prendroit-il ce titre, puisqu'il n'a jamais pu distinguer la différence de la clef de sa chambre avec la clef de gé-ré-sol ? je vais à propos de ce musicien rapporter quelques balourdises de notre moderne Ragotin qui, si elles ne font pas rire de plaisir, feront au moins rire de pitié. Nous reviendrons toujours bien aux titres de comédien et d'homme d'esprit. Nicolet a un orchestre composé de tant de musiciens : peu lui importe qu'ils soient bons ou mauvais, pourvu qu'ils soient le nombre qu'il exige et qu'ils remplissent son orchestre ; qu'ils jouent faux ou juste, il ne s'en aperçoit jamais. Mais quoiqu'il n'ait aucune connoissance de cette partie, il ne s'ensuit pas de là qu'il ne veuille point avoir l'air de s'y connoître et nous allons en voir la preuve. Un soir j'assistai furtivement à une répétition, car il n'y souffre personne. On étudioit un ballet. je ne sais quelle danseuse répétoit un pas seul ; il prit fantaisie à Nicolet, en essuyant le tabac de dessus son habit, de trouver le pas trop long. Il fit taire toute la musique, et ordonna qu'on en retranchât le quart. Après quelques difficultés de la part du maître des ballets et des musiciens, ils convinrent qu'il avoit raison et qu'ils alloient en retrancher huit mesures. La danseuse se met en place et recommence : on exécute le pas comme auparavant, sans y rien changer, et Nicolet de crier bravo, demandant même si on ne trouvoit pas que c'étoit beaucoup mieux ainsi. Un autre jour, je sais ceci d'un de ses acteurs, on répétoit généralement une pantomime, un musicien avoit les bras croisés en attendant que son tour vint de jouer sa partie. Nicolet, qui l'aperçoit, accourt vite, fait tout arrêter, et demande pourquoi il reste ainsi à se reposer tandis que ses camarades s'escriment de toutes leurs forces ? Ce musicien, qui jouoit de la quinte, lui répond qu'il compte des mesures. « Est-ce que je vous paye pour compter des mesures ? Jouez, monsieur, jouez ; je paye ici pour qu'on joue. » La réflexion qu'on feroit s'étendroit trop loin, il vaut mieux retourner où nous en étions resté : c'est, je pense, à le considérer comme


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Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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