de se retirer ; ce que l'autre ayant fait, de dessus le boulevart où il étoit, il a continué de dire au plaignant différentes injures des plus grossières en le forçant de sortir pour se battre avec lui et l'appelant à cet effet. Que lui comparant s'est trouvé poussé de manière à ne pouvoir se dispenser de sortir, et effectivement étant sorti, il a mis l'épée à la main contre ce particulier ; et comme ils se battoient, la garde est survenue qui les a fait cesser et ledit Bazin s'est évadé. Mais comme la nommée Duhamel, qu'il occupe comme actrice dans son jeu et qui est ouvertement la maîtresse dudit sieur Bazin, a été trouvée par la garde sur ce lieu et que tout le monde disoit que cette fille étoit cause des injures et sottises que ledit Bazin avoit dites au plaignant, ladite garde l'a arrêtée et aussi amenée par-devant nous. Ajoutant le comparant qu'il est à sa connoissance que ledit Bazin a eu ordre, il y a un an ou 18 mois ou environ, de ne point porter l'épée sous peine d'aller à Bicêtre et que ces jours-ci il ne portoit pas effectivement l'épée et qu'il faut que par dessein prémédité il se soit muni d'une épée ce matin pour le venir insulter chez lui cette après-midi.
Signé : NICOLET.
Ensuite de quoi avons fait comparoître ladite particulière arrêtée, laquelle a dit se nommer Marie-Catherine Duhamel, fille native de Paris, âgée de 17 ans et demi, étant de la troupe du sieur Nicolet pour pantomimes, travaillant dans son jeu sur le boulevart, demeurant faubourg St-Denis, maison du sieur Florat, orfèvre, près l'Écu, chez sa mère. Avons interpellé ladite particulière de nous dire quelle affinité il y a entre elle et le nommé Bazin, peintre ?
A dit qu'elle connoît un nommé Bazin seulement du jeu de dessus le boulevart.
Enquise de nous dire si elle n'a pas engagé le nommé Bazin de prendre son fait et cause contre le sieur Nicolet, maître du jeu où elle travaille, à raison de querelles qu'elle avoit eues hier avec d'autres filles du même spectacle et qui avoient été trouvées mauvaises par le maître du jeu ?
A dit que non.
Dont et de quoi elle requiert acte.
En conséquence avons fait relaxer ledit Nicolet et ladite Duhamel, et les avons envoyés à se pourvoir ainsi qu'ils aviseront bon être. Dont et du tout ce que dessus avons fait et dressé le présent procès-verbal.
Signé : MAILLOT.
(Archives des Comm., no 3765.)
III
L'an 1759, le mardi 10 juillet, six heures de relevée, en notre hôtel et pardevant nous Antoine-Joachim Thiot, etc., est comparu Antoine André, ap-

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