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nacé les plaignans de se retirer si ledit Octave y restoit. De ce que dessus nous requièrent acte.

Signé : M. DUCHEMIN ; DE ST-EDME.

(Archives des Comm., no 3826.)

II

L'an 1712, le 2e jour d'août, entre cinq et six heures du soir, nous André Defacq et Nicolas Guérin, etc., préposés pour la police au quartier St-Denis, étant dans l'enclos de la foire St-Laurent et nous promenant dans les allées d'icelle pour voir s'il ne s'y passoit rien au préjudice des statuts et règlemens du bon ordre et de la sûreté publique, avons aperçu qu'il y avoit quelque tumulte au préau de ladite foire, où est le jeu de danseurs de corde de la troupe du nommé Dominique, et le sergent aux gardes de la compagnie préposé pour la garde de ladite foire, lequel arrivoit audit préau avec quelques soldats de la garde. Pourquoi nous nous y serions transportés pour voir ce qu'il y avoit et de quoi il s'agissoit, et y étant arrivés, y avons trouvé beaucoup de monde assemblé et le nommé Bazin, lieutenant de la compagnie de M. le lieutenant criminel de robe courte, lequel faisoit entendre avec jurement et emportement aux sieur et dame de St-Edme, intéressés audit jeu, qu'il n'entendoit pas qu'ils fissent continuer leur jeu, qu'il alloit faire empêcher que l'on entrât en icelui et qu'il vouloit que ceux qui y étoient en sortissent et qu'il avoit ordre de Monsieur le Lieutenant général de police de faire fermer ledit jeu, dont lesdits sieur et dame de St-Edme étoient fort surpris et étonnés, et faisoient des supplications audit Bazin de différer au lendemain l'exécution de cet ordre, attendu que le jeu étoit ouvert et qu'il y avoit plusieurs seigneurs et dames de la Cour, entre autres Madame la duchesse de la Meilleraye et M. le chevalier de Mesmes, que presque toutes les loges, le parquet, le théâtre et l'amphithéâtre étoient remplis et que le jeu étoit commencé. Auxquelles supplications ledit Bazin n'a eu aucun égard et sur-le-champ a commandé au sergent des gardes susmentionné de lui faire venir des soldats de la garde en nombre suffisant pour faire fermer ledit jeu et faire sortir ceux qui y étoient. Ce que nous voyant, aurions tiré à quartier ledit Bazin et lui aurions demandé si effectivement il avoit un ordre de Monsieur le Lieutenant général de police pour faire ce qu'il faisoit, et lui avons dit de nous le représenter : Lequel Bazin nous auroit répondu avec beaucoup d'insolence : Oui, qu'il avoit l'ordre f..... et qu'il n'avoit point à nous le communiquer et s'en seroit allé d'un autre côté en parlant avec beaucoup de hauteur et avec juremens et emportemens auxdits sieur et dame de St-Edme. Et cependant serions entrés dans le jeu pour voir en quel état les choses étoient et aurions vu le jeu presque entièrement rempli de monde dans toutes les différentes places et que l'on finissoit la danse de la corde.


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See also:
Parfaict Mémoires (1743),
Le Théâtre de la foire à Paris,
Calendrier des spectacles sous Louis XIV
, The WWW Virtual Library of Theatre and Drama.
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