Avons même remarqué que sur le théâtre et aux premières loges il y avoit beaucoup de monde de l'un et de l'autre sexe qui paroissoient être de distinction, et serions à l'instant sortis du jeu et aurions encore tiré une seconde fois à part ledit Bazin et lui aurions dit qu'il prît garde à ce qu'il faisoit ; que l'ordre de M. le Lieutenant général de police n'étoit pas peut-être si précis que d'ordonner de faire fermer un jeu lorsqu'il étoit commencé ; qu'il y avoit audit jeu plusieurs personnes du premier rang qui ne manqueroient pas de s'en plaindre et que cela lui feroit des affaires ; qu'enfin il n'y avoit rien qui périclitât dans cette affaire et que, puisque le jeu étoit commencé et l'argent reçu, il pouvoit remettre à demain l'exécution de son ordre pour les empêcher de jouer jusqu'à ce qu'il en fût autrement ordonné et que M. le Lieutenant de police ne désapprouveroit pas cette conduite. Auxquelles remontrances par nous faites audit Bazin, icelui Bazin ne nous a fait d'autre réponse en parlant avec beaucoup de hauteur et d'insolence et avec exclamation, sinon qu'il avoit un ordre f..... et que quand il avoit un ordre f..... il l'exécutoit. Et en même tems, le sergent aux gardes susmentionné étant arrivé avec sept ou huit soldats de sa garde, il les a postés à toutes les entrées et sorties dudit jeu et a ordonné audit sergent aux gardes de faire sortir tous ceux qui étoient dans le jeu et de leur faire rendre leur argent. Ce que nous voyant et le peu de respect et de considération que ledit Bazin avoit pour nos personnes et pour nos ordres, et respectant très-fort l'ordre qu'il disoit avoir de mondit sieur le Lieutenant général de police, quoiqu'il ne nous l'eût pas exhibé, nous nous sommes retirés et avons dressé le présent procès-verbal.
Signé : GUÉRIN ; DEFACQ.
(Archives des Comm., no 1629.)
III
L'an 1714, le jeudi 26 juillet, environ les quatre heures de relevée, est venue par-devers nous César-Vincent Lefrançois, etc., demoiselle Marie Duchemin, femme du sieur Louis Gauthier de St-Edme, demeurant faubourg St-Lazare : Laquelle nous a fait plainte et dit que, quoique par sa conduite elle n'ait donné aucun sujet aux gagistes et acteurs des sieurs Pellegrin et Octave de mécontentement, cependant le nommé Raguenet, acteur de Pellegrin, le nommé Châteauneuf, au service d'Octave et de Pellegrin, et autres quidams de leur part, font courir des bruits qu'ils feront assassiner la plaignante, même le sieur Meusnier, prêtre de la congrégation de St-Lazare, et la dame de Baune ; qu'ils ont un décret de prise de corps pour faire arrêter la plaignante et que c'est un nommé Vernier, huissier, qui est chargé de ce décret. Et comme ce sont des suppositions, elle se voit obligée de venir pardevers nous nous rendre plainte de ce que dessus, avec d'autant plus de raison

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