sa loge et qui devaient lui être remis aux termes de leur convention, étant obligé seulement de laisser tout ce qui seroit d'attache et scellé au théâtre. Vienne répondit à cette demande qui lui fut faite dans les premiers jours de ce mois que Sallé ayant la grande main des décorations, c'était à lui que le plaignant devait s'adresser pour les tabourets qu'il réclamait. Que plusieurs jours s'étaient écoulés sans que le plaignant eût rencontré Sallé, lorsque cejourd'hui, entre neuf et dix heures du fait, le plaignant passant sur le boulevard du Temple en se retirant chez son père rue St-Pierre où il va demeurer, il entendit la voix de Sallé et l'aperçut dans la salle du billard qui est à côté de celui attenant au café Turc, à la faveur de la porte qui s'en trouva ouverte. Que le plaignant crut devoir profiter de ce moment et que, sans entrer dans un lieu interdit à tout honnête homme, il appela Sallé de dessus le boulevard. Que celui-ci se rendant à la voix qui l'appelait, sortit du billard. Que le plaignant s'avança alors près de Sallé et lui réitéra la demande qu'il avait déjà faite à Vienne de ses tabourets, demande qu'il lui fit honnêtement. Que cet exemple d'honnêteté devait guider Sallé ; mais celui-ci, loin de le suivre, se servit de b..... et de f..... en apostrophant le plaignant des injures les plus grossières, réclamant des salaires qui ne lui étaient pas dus et terminant ses mauvais propos en colletant le plaignant. Que ce dernier trait ayant mis sa patience à bout, le plaignant ne connut plus de bornes et il ne put se retenir de punir la témérité de Sallé d'avoir porté sur lui une main offensive, le plaignant fut provoqué dans sa défense et la canne qu'il avait pour toute arme fut celle qu'il opposa à l'attaque de Sallé afin de se dégager des violences que ce dernier exerçait sur lui. Que les cris attirèrent ceux qui étaient dans le billard et alors les amis de Sallé se jetèrent sur le plaignant et le terrassèrent dans un fossé. Que la garde du poste de la barrière du Temple attestera l'état où était le plaignant qui reçut de la part du sergent le service de lui brosser son habit. Que le plaignant s'était rendu lui-même au corps de garde et demanda à être conduit chez un commissaire ainsi que Sallé qui l'avait suivi, pour lui être fait droit sur l'insulte qu'il venait de recevoir à l'instant et celle qu'il avait essuyée le 28 janvier. Et comme le plaignant a intérêt d'avoir raison de ces voies de fait, il est venu nous rendre la présente plainte.
Signé : JOSSET ; VANGLENNE.
(Archives des Comm., no 4983.)
III
L'an 1778, le jeudi 14 mai, dix heures et demie du soir, en l'hôtel et pardevant nous Mathieu Vanglenne, etc., est comparu sieur Louis-Gabriel Sallé, maître de danse et tenant un spectacle sur le boulevard du Temple, demeurant rue du Faubourg-du-Temple, paroisse St-Laurent : Lequel nous a rendu

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