chambre dans le quartier du Marais où elle l'alloit trouver ; et sur cela, nonobstant qu'elle lui certifiât que c'étoient de fort mauvais dictons et rapports qu'on avoit faits contre elle, il injuria beaucoup la plaignante et même lui porta plusieurs coups de poing en différentes fois. Que ces reproches, injures et voies de fait ont été continués par ledit Salé jusque au premier du présent mois que ledit Ribié, qui avoit appris les mauvais traitemens que ledit Salé faisoit à sa femme relativement à ce que, disoit-on, il avoit dit lui-même à différentes personnes les faits ci-dessus reprochés par ledit Salé à sa femme, est venu par-devant nous ledit jour premier mai présent mois nous déclarer qu'il n'avoit jamais attaqué, ni eu intention d'attaquer l'honneur et la réputation de la plaignante ; qu'il n'avoit jamais tenu à qui que ce soit aucun mauvais propos d'elle et au contraire qu'il la connoissoit pour une très-brave et honnête femme. Qu'il n'avoit jamais rien vu qui pût la déshonorer en aucune manière : s'étant même réservé de suivre ceux qui avoient mis en avant ce qu'ils avoient dit audit Salé et à d'autres personnes, disoit-il, de la manière et ainsi qu'il aviseroit bon être ; ce qu'elle plaignante a su et a vu par l'expédition de cette déclaration qui a été retirée par son mari. Que tout cela n'a pas empêché que son mari n'ait continué de l'injurier et maltraiter même cruellement et indignement en faisant retirer ses enfans et sa domestique loin du lieu où il couche avec la plaignante et après avoir fermé portes et doubles portes et même fenêtres, de lui porter différens coups, la faire déshabiller ou trousser ses jupes et la fouetter indignement avec des verges, avec défense à elle de crier ni de sourciller, sous peine de lui en faire davantage ; ce qui est arrivé pour la première fois le 20 du présent mois et a continué ainsi plusieurs fois jusqu'à aujourd'hui, en lui défendant de n'en rien dire à qui que ce soit sous peine des plus mauvais traitemens : Et cela, disoit-il, pour lui faire avouer qu'elle se débauchoit avec ledit Ribié, ce qui n'étant pas, elle ne pouvoit se soumettre jusqu'à lui faire un si terrible aveu. Que voyant ces mauvais traitemens et ne pouvant les supporter davantage, elle s'est retirée chez le sieur Asseline, son frère, maître pâtissier faubourg St-Denis, à qui elle n'a pu s'empêcher, ainsi qu'à sa belle-soeur, de dire la cause pour laquelle elle se retiroit ainsi chez eux. Que son mari l'a été chercher chez son frère, l'a ramenée chez lui en lui promettant de ne plus lui rien reprocher, ni de la maltraiter ; mais il n'a pas pour cela discontinué ses reproches ni ses injures et est toujours plus prêt à la maltraiter qu'à la traiter comme une femme aimée et respectée doit l'être. Et comme la plaignante craint tout de la part dudit Salé, son mari, qui ne cesse point ses injures, ni ses infâmes reproches, elle se réserve de se pourvoir de la manière et ainsi qu'elle avisera bon être.
Signé : F. ASSELINE.
Et le samedi 7 juin audit an 1783, dix heures du soir, est encore comparue en l'hôtel et par-devant nous commissaire susdit, ladite Françoise Asseline, femme dudit Salé, étant et demeurant présentement chez ledit sieur Asseline,

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