audit sieur Sallé et audit sieur Pompée qui loin de l'écouter se sont répandus en injures de toutes espèces contre le plaignant et son épouse, l'ont traité de gueux, de gredin, de banqueroutier, de jeanf....., de maq....., et ledit Pompée a ajouté que si le plaignant ne se retiroit pas, il alloit lui f..... sa bouteille à la tête. Le comparant par prudence se retira, mais ledit Pompée jeta derrière lui la bouteille qui s'est cassée et dont les tessons ont rejailli sur une de ses domestiques et sur un de ses garçons. Que non content de cette voie de fait, il a encore cassé les carreaux des jours de souffrance de son laboratoire qui est au-dessous de sa boutique, en proférant toutes sortes de juremens et d'invectives contre le plaignant et la dame son épouse. Que Pompée a poussé l'indécence jusqu'à mettre le poing sous le nez à ladite Yon en lui disant : « Tais-toi, sacrée mâtine, retire-toi, tu n'es pas f..... pour mettre des lampions à ta porte ! » Que cette scène a duré jusqu'à quatre heures et demie du matin et qu'ils étoient tous munis les uns et notamment ledit Sallé de casseroles, les autres de bouteilles et de verres. Qu'il résulte de ces faits que la domestique du comparant a une blessure au bras gauche qui lui a été faite par un tesson de bouteille.
Et comme le comparant a intérêt d'avoir raison de pareilles injures et voies de fait, il a été conseillé de venir nous rendre plainte.
Signé : YON ; VANGLENNE.
(Archives des Comm., no 5000.)
VI
L'an 1789, le mardi 17 mars, minuit, est comparu par-devant nous Achille-Charles Danzel, etc., le sieur Louis-Gabriel Sallé, directeur du Spectacle des Associés, demeurant boulevard du Temple : Lequel nous a rendu plainte contre le nommé Robin, ci-devant acteur attaché à son spectacle et actuellement à celui de Nicolet, et nous a dit et déclaré que depuis trois mois environ que ledit Robin a quitté le spectacle du comparant il n'y a pas de propos qu'il n'ait tenus contre lui et d'esclandres qu'il ne lui ait faites ; qu'il a cru d'abord mépriser les insultes qui lui étoient faites, mais ledit Robin vient de renouveler, il y a environ une heure, une scène que le comparant ne peut pas passer sous silence. En effet, s'étant rendu sur les neuf heures chez le sieur Raoul, fourreur, rue Grenetat, pour y souper, ledit Robin, qui en étoit, y est venu également il y a environ deux heures pendant que l'on étoit à table, est entré malgré les défenses qu'on lui avoit faites et s'est mis à table avec les autres, et a forcé sa femme, qui étoit avec lui, à en faire autant, quoiqu'ils ne fussent pas invités ; qu'il s'est mis aussitôt à plaisanter sur le compte du comparant et comme il vit que sa conduite déplaisoit au sieur Raoul et qu'elle alloit lui attirer des désagrémens de la part de ce dernier, il se leva brusquement de table, prit sa canne dont il menaça le comparant, disant qu'il

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