la veuve Maurice, les nommés Christophe Selles, Restier, Bertrand et autres danseurs de corde, lesdits veuve Maurice, Selles et autres continuent toujours la représentation de pièces de comédie sur les théâtres qu'ils ont édifiés tant rue des Quatre-Vents que préau de la foire, ce qui est une contravention précise à leur privilége et désobéissance à la sentence rendue par M. le Lieutenant général de police ledit jour 5 mars 1706, à eux signifiée le 13 dudit mois de mars, avec plusieurs commandemens faits en conséquence ; et comme ils ont intérêt d'assurer la récidive de la contravention auxdits privilége et sentence, ils nous ont requis de nous vouloir transporter cejourd'hui, sur les six heures du soir, dans les loges et théâtres que lesdits veuve Maurice, Selles et autres ont fait édifier, à l'effet de dresser procès-verbal de leur contravention et de leur donner acte comme lesdits Selles, Bertrand et autres jouent sur leurs théâtres des pièces en dialogues en forme de comédie au préjudice desdites défenses, pour, icelui fait, être par M. le Lieutenant général de police ordonné ce qu'il appartiendra.
Signé : POISSON ; VILLOT-DUFEY.
Sur quoi nous commissaire avons donné auxdits comparans acte de leurs comparution, dire, réquisition et représentation qu'ils nous ont faite de ladite sentence portant défense de faire et dire aucun dialogue et pièce en forme de comédie ; en conséquence de laquelle nous étant, sur les six heures du soir, assisté d'Étienne Biétrix et d'Eutrope Larcher, transporté dans le préau de la foire St-Germain, dans une grande loge occupée par Christophe Selles, auquel ayant fait savoir le sujet de notre transport, montré et exhibé ladite sentence, la femme dudit Selles nous a conduit dans une première loge ayant vue sur le théâtre où nous aurions trouvé plusieurs personnes assises, ainsi que dans les loges, et quantité de monde dans le parterre. Et avons remarqué deux voltigeurs de corde, l'un en l'air sur une corde au-dessus du théâtre et l'autre au-dessus du parterre ; qu'après avoir voltigé pendant un quart d'heure, avons vu qu'ils ont tiré un grand rideau, qui partage le théâtre, et qu'aussitôt a paru sur icelui deux acteurs, l'un nommé Marforio et l'autre Pasquin, vêtus en arlequin, et un troisième nommé Pierrot qui a attiré un tonneau d'où est sorti au milieu du théâtre ledit Marforio ; qu'ils ont fait plusieurs dialogues ensemble de propos interrompus et sans suite ; qu'il a paru ensuite deux femmes dans une autre scène avec un docteur qui ont pareillement fait plusieurs dialogues de semblables propos, plusieurs danseurs dans les entr'actes et plusieurs scènes où lesdites femmes ont chanté avec lesdits Marforio et Pasquin et ledit Pierrot ; que sur la fin plusieurs sauteurs ont fait divers sauts au milieu du théâtre avec quelques jeunes enfans et ensuite ont fini par un dialogue entre lesdits Marforio et Pasquin (1), aussi sans suite, et toutes scènes
(1) Pasquin et Marforio, médecin des moeurs, comédie de l'ancien Théâtre-Italien, en trois actes, en prose française et en vers libres, avec spectacle, chant et danse, par Dufresny et Brugière de Barante, représentée le 3 février 1697.

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