loubet, en s'accompagnant du tambourin, une vingtaine de menuets et contredanses, et le fameux canard artificiel, barbotant, mangeant, secouant le col, faisant claquer son bec, digérant les aliments et les rendant comme pourrait les rendre un canard bien vivant. En 1787, les automates de Vaucanson étaient à Nuremberg et on lit à ce propos, dans le Journal de Paris du 8 février, la lettre suivante : « Vous savez, monsieur, que le fameux Vaucanson fit autrefois trois automates connus sous le nom de Flûteur, du Canard et du Provençal (c'est le joueur de galoubet) : on les vit à Paris en 1738 et ensuite dans les principales villes de la France, ainsi qu'en Angleterre. Un orfèvre, nommé Dumoulin, qui s'adonnoit à la mécanique, en fut ensuite possesseur, on ne sait par quel hasard, et se rendit avec ces figures en Allemagne, où il les faisoit voir à prix d'argent. Étant à Nuremberg en 1752 ou 1753, il fut sur le point de les vendre au margrave de Bareuth, mais le marché n'ayant pas été conclu et Dumoulin se trouvant pressé par ses créanciers, il prit le parti de se rendre à Pétersbourg, espérant d'y vendre avantageusement ses automates. Mais il ne put les emporter avec lui ayant été obligé de les laisser à Nuremberg pour cautionnement de ses dettes. Ses talens en mécanique lui firent obtenir en Russie la place de maître des machines à Moscou, où il mourut en 1765, sans avoir vendu ni réclamé ses automates, qui jusqu'à ce jour sont restés chez un banquier dans l'état où il les y avoit déposés, c'est-à-dire bien empaquetés. Les dettes du sieur Dumoulin montent à la somme de 3,000 florins (environ 6,000 livres de France), et c'est pour ce prix modique qu'on propose de les livrer au premier curieux qui désirera se procurer ces trois chefs- d'oeuvre renfermés dans des caisses qui n'ont pas été ouvertes depuis près de 32 ans. » Les Mémoires secrets, à la date du 27 février 1787, confirment pleinement ces détails et de plus ils donnent le nom du banquier de Nuremberg, chez lequel les automates étaient déposés : il s'appelait Pflüger.
(Journal de Paris, 8 février 1787. - Mémoires secrets, XXXIV, 205. - Biographie Didot.)

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